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"Pas la moindre preuve": le chef du renseignement militaire ukrainien met en doute la mort de Prigojine

Le directeur du renseignement militaire ukrainien, Kyrylo Boudanov, a déclaré au Financial Times qu'il n'y a "pas la moindre preuve" de la mort du chef du groupe Wagner, Evguéni Prigojine.

Le directeur du renseignement militaire ukrainien, Kyrylo Boudanov, revient sur le devenir du groupe Wagner après la mort de son chef, Evguéni Prigojine. Auprès du Financial Times, il a affirmé que "Wagner existe", malgré la mort de plusieurs de ses cadres dans un crash d'avion en août. Quelques semaines avant, le groupe paramilitaire russe avait mené une mutinerie contre le sommet de l'État.

Pendant plusieurs heures, les combattants de Wagner ont occupé un quartier général de l'armée russe à Rostov-sur-le-Don et parcouru plusieurs centaines de kilomètres en direction de Moscou.

Des membres de Wagner éparpillés dans différentes entités

Le groupe avait renoncé à son coup de force au bout de 24 heures, et semblait avoir obtenu d'échapper à la colère de la présidence grâce à un accord prévoyant le départ de son chef, Evguéni Prigojine, en Biélorussie. Après cette tentative de putsch, Vladimir Poutine avait assuré que les combattants de Wagner pouvaient rentrer chez eux, intégrer l'armée régulière ou se rendre en Biélorussie.

"De nombreux" membres du groupe Wagner ont rejoint la Garde nationale russe, un organe sécuritaire placé sous l'autorité de Poutine, en octobre 2023 et d'autres ont intégré un autre groupe paramilitaire russe, selon le renseignement militaire britannique. D'autres encore ont reçu le statut de vétéran, selon cette même source.

Dans une note d'octobre, le ministère britannique de la Défense estimait que "l'État russe exerce désormais un contrôle plus direct sur les activités et l'ancien personnel du groupe Wagner à la suite de la mutinerie de juillet 2023 et de la mort des dirigeants de Wagner en août 2023".

La mort de Prigojine mise en doute

Concernant la mort de Prigojine, "je ne tirerais pas de conclusions aussi rapides", a déclaré Kyrylo Boudanov au Financial Times. Le patron du groupe paramilitaire Wagner est mort le 23 août dans le crash de son jet privé qui le transportait de Moscou à Saint-Pétersbourg aux côtés de certains de ses lieutenants.

L'Ukraine et les Occidentaux suspectent une vengeance du Kremlin, une thèse que Moscou rejette, mais n'ont pas remis en doute la véracité de la mort du chef de Wagner. "Je ne sais pas encore tout à fait ce qu'il s'est passé, mais je ne suis pas surpris" de la mort de Prigojine, a déclaré Joe Biden à des journalistes en août.

"Peu de choses ne se passent en Russie sans que Poutine n'y soit pour quelque chose", a ajouté le président américain.

"On peut avoir des doutes raisonnables" sur les conditions de la mort de Prigojine, avait aussi estimé Olivier Véran, alors porte-parole du gouvernement. "Je ne dis pas qu'il n'est pas mort ou qu'il est mort", a de son côté affirmé le chef du renseignement militaire, Kyrylo Boudanov, dans l'article publié dimanche. "Je dis qu'il n'y a pas la moindre preuve qu'il soit mort", a-t-il ajouté.

Article original publié sur BFMTV.com

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