Mikhaïl Gorbatchev, dernier dirigeant de l'URSS, est mort

Mikhaïl Gorbatchev (Photo d'illustration).  - VASILY MAXIMOV / AFP
Mikhaïl Gorbatchev (Photo d'illustration). - VASILY MAXIMOV / AFP

Mikhaïl Gorbatchev, dernier homme à avoir dirigé l'URSS, et initiateur de la libéralisation économique et culturelle de son pays, est mort ce mardi 30 août à l'âge de 91 ans, a indiqué un hôpital cité par les agences de presse russes.

"Aujourd'hui dans la soirée (mardi), après une longue maladie grave, Mikhaïl Sergueïvitch Gorbatchev est décédé", a indiqué l'Hôpital clinique centrale (TSKB) dépendant de la présidence russe.

Dernier homme à avoir dirigé l'Union soviétique entre 1985 et 1991, il instigua dans l'Union soviétique la perestroïka et la glasnost, deux termes renvoyant respectivement à la libéralisation économique et la libéralisation culturelle de son pays.

Une figure honnie en Russie

"C'est un des plus grands personnages historiques du XXe siècle, qui symbolise une époque", a indiqué en réaction à sa mort sur notre antenne Vladimir Fédérovski, ancien diplomate russe, auteur de Le roman vrai de Gorbatchev.

En Russie, Gorbatchev était une figure honnie. Selon un sondage publié en février 2017 par l'institut Levada, seulement 7% des personnes interrogées disaient éprouver du respect à son égard, comme le rapport Le Monde.

"C'est un des personnages le plus haï par les Russes aujourd'hui, car ils lui font porter toutes leurs difficultés aujourd'hui", analyse Vladimir Fédérovski.

Un simple fils de paysan

Pur produit du système communiste, Mikhaïl Gorbatchev n'imaginait sans doute pas qu'il changerait la face du monde en devenant le fossoyeur involontaire de l'URSS, source d'un immense respect en Occident.

Simple fils de paysan, Mikhaïl Gorbatchev a effectué un parcours classique d'apparatchik pour devenir à 54 ans, le 11 mars 1985, le numéro un d'un empire soviétique alors exsangue sur le plan économique et qui était empêtré dans une guerre sans fin en Afghanistan.

Sous son mandat, les dérives n'ont pas manqué: l'entrée des chars soviétiques en Lituanie, la répression de manifestants pacifiques en Géorgie, ou la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, en 1986, passée sous silence pendant des jours, contribuant à la contamination de centaines de milliers de personnes.

Une chute aux airs d'humiliation

Sa chute, d'ailleurs, a des airs d'humiliation. En juin 1991, lorsque Boris Eltsine est élu au suffrage universel président de la Russie soviétique, Mikhaïl Gorbatchev tente de sauver l'URSS en proposant une autonomie interne élargie.

Le projet capote le 19 août 1991, lorsque la ligne dure du Parti communiste tente un putsch contre lui, mais c'est l'ennemi juré de Gorbatchev, Boris Eltsine, qui sera le héros de la résistance à ce coup d'Etat manqué.

Déjà mourante, l'URSS disparaît en décembre lorsque la Russie, le Bélarus et l'Ukraine proclament que l'Union soviétique "n'existe plus". Mikhaïl Gorbatchev démissionne le 25 décembre.

Depuis qu'il avait quitté le pouvoir, Gorbatchev s'était reconverti en héraut de la cause environnementale et avait créé la Fondation Gorbatchev, dédiée aux études socio-économiques. En 1996, il s'était présenté à la présidentielle contre Boris Eltsine, mais n'avait obtenu que 0,5% des voix.

Aucune prise de position sur la guerre en Ukraine

De plus en plus discret ces dernières années alors que sa santé déclinait, il a reconnu certains torts. Un temps virulent contre Vladimir Poutine, disant en 2011 sa "honte" de l'avoir soutenu au tournant des années 2000, il dirige de plus en plus ses critiques contre les Occidentaux à partir de l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée en 2014 par la Russie et multiplie les avertissements face à l'avènement d'une nouvelle Guerre froide.

En février 2019, il dénonce dans une tribune la décision américaine de se retirer du traité INF sur les armes de portée intermédiaire, qu'il avait signé avec Donald Reagan en 1987, comme un signe du "désir des Etats-Unis de se libérer de toutes contraintes dans le domaine de l'armement (et) d'atteindre une supériorité militaire absolue".

Avant son décès, il ne s'était pas exprimé publiquement sur l'offensive massive du Kremlin en Ukraine.

Article original publié sur BFMTV.com