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#MeToo: "Nous les hommes devons nous inviter dans la lutte", estime Vincent Lindon

Vincent Lindon apporte son soutien au mouvement #MeToo qui déferle sur le cinéma français. Quelques jours après une cérémonie des César marquée par la lutte contre les violences sexuelles, l'acteur de 64 ans fait part de sa solidarité avec le combat féministe dans les colonnes de Ouest-France:

"Ce fléau ne doit plus être la seule préoccupation des femmes", déclare-t-il. "Nous les hommes devons nous inviter dans la lutte résolument, sans défaillir sur un si long chemin."

"Nous devons les aider à construire leur souveraineté et atteindre une égalité parfaite et ne plus jamais la remettre en cause."

"L’État aussi doit prendre la mesure de ce drame sociétal et repenser entièrement le féminin", estime-t-il encore. "Une justice qui se prononce trop lentement pour condamner ou disculper. Une police qui ne prend pas assez au sérieux les plaintes."

Réveil du cinéma français

Plus de six ans après l'affaire Weinstein, qui a révélé la fréquence des violences sexuelles dans le milieu du cinéma américain, le 7e art français traverse une phase d'introspection similaire.

Par le biais de l'affaire Depardieu, poursuivi en justice par plusieurs femmes pour viols et agressions sexuelles. Mais aussi depuis la prise de parole de Judith Godrèche, qui a déposé plainte pour viol sur mineure contre les cinéastes Benoît Jacquot et Jacques Doillon. L'actrice de 51 ans a donné un discours vibrant sur la scène des César, vendredi à l'Olympia, pour appeler à se saisir du fléau.

"Nous sommes encore à l’âge de pierre"

"Face aux violences physiques, sexuelles, psychologiques, verbales qui sont faites (aux femmes), aucune excuse, aucune raison ne sont tolérables", insiste Vincent Lindon. "Je pensais que l’on avait avancé et pourtant non, nous sommes encore à l’âge de pierre et beaucoup trop loin de l’égalité femme-homme. Je serai toujours du côté des victimes et je n’ai pas attendu #Metoo pour le penser et pour le dire."

Et de conclure: "Je ne sais pas (si le cinéma est plus touché) mais ce qui est certain, c'est que le statut d'artiste ne sera jamais un totem d'immunité".

Des mots qui sonnent comme une réponse aux voix qui se sont élevées pour défendre Gérard Depardieu. "Lorsqu’on s’en prend ainsi à Gérard Depardieu, c’est l’art que l’on attaque" pouvait-on lire dans une tribune publiée en décembre par Le Figaro, signée par Carole Bouquet, Pierre Richard, Nathalie Baye ou encore Carla Bruni.

Emmanuel Macron avait lui aussi déclenché une polémique en décembre lorsque, interrogé sur l'affaire par France 5, il avait répondu qu'il était "un grand admirateur de Gérard Depardieu" qui "rend fier la France".

De même, Benoît Jacquot était revenu sur sa relation avec Judith Godrèche - rencontrée sur un tournage, lorsqu'il avait 39 ans et elle 14 - dans un documentaire de Gérard Miller, Les Ruses du désir, daté de 2011. Dans un extrait exhumé sur les réseaux sociaux ces dernières semaines après les déclarations de l'actrice, il déclarait, sourire aux lèvres: "D'une certaine façon, faire du cinéma est une sorte de couverture pour des mœurs de ce type-là."

Article original publié sur BFMTV.com