Publicité

Membre des radicaux de gauche, ministre sous Sarkozy: Frédéric Mitterrand, un politique inclassable

Le même nom, mais pas la même sensibilité politique. Frédéric Mitterrand, neveu de l'ancien président de la République François Mitterrand, est mort ce jeudi 21 mars à l'âge de 76 ans, a annoncé sa famille à l'AFP.

"Comme homme politique c'était un ovni", analyse Alain Duhamel sur BFMTV, "il était le contraire d'un homme politique professionnel".

L'éditorialiste politique de BFMTV se remémore encore de "quelqu'un d'indépendant qui avait le goût à la fois d'une culture assez raffinée et assez diverse et en même temps un grand sens du public".

Au MRG avant de soutenir Jacques Chirac

Contrairement à son oncle qu'il admire pourtant, Frédéric Mitterrand n'adhère en effet pas à l'étiquette socialiste. Homme de culture avant de devenir homme politique, il rejoint en juin 1993 le Mouvement des radicaux de gauche (MRG), séduit par la personnalité de Bernard Tapie.

En mai 1995, il apporte même son soutien à Jacques Chirac face à Lionel Jospin pour la présidence de la République. Anti-socialiste? Alain Duhamel estime qu'"on ne peut pas dire non plus que c'était quelqu'un qui s'était rallié au camp des adversaires de François Mitterrand".

Nommé à la tête de la Villa Médicis à Rome par le président Nicolas Sarkozy en 2008, il rentre à Paris quelques mois plus tard pour prendre le ministère de la Culture. Frédéric Mitterrand n'avait pourtant pas pris position en faveur de l'ancien ministre de l'Intérieur pour la présidentielle de 2007.

Ministre sous Sarkozy, puis soutien de Hollande

Sa nomination rue de Valois - où il restera jusqu'en 2012 - suscite quelques froncements de sourcils: le nouveau venu n'a pas fait l'ENA, ne vient pas de la haute fonction publique et cultive une image de dandy. À ce poste, il affronte les intermittents du spectacle, fait adopter la loi Hadopi et conduit des grands chantiers, lancés pour certains avant son arrivée: le Mucem (musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée) à Marseille, la Philharmonie à Paris...

Son ancien président a salué ce jeudi soir "une personnalité inclassable si loin de la vie partisane (...) un ministre de la Culture enthousiaste et passionné, qui exerça ses fonctions avec panache et talent."

Sa nomination par un président de droite ne l'empêchera pas d'annoncer son soutien à François Hollande pour l'élection présidentielle de 2017, un scrutin auquel le président sortant renoncera finalement à se présenter.

"Il n'aurait pas du être ministre"

De retour dans la société civile, Frédéric Mitterrand part animer pendant quelques mois une émission sur la radio France Inter. Il présentera à deux reprises sa candidature à l'Académie française, sans succès, avant d'être installé à l'Académie des beaux arts.

"Je pense qu'il n'aurait pas du être ministre", estime néanmoins a posteriori Stéphane Bern ce jeudi soir sur le plateau de C à Vous, "tout le monde lui a tourné le dos après (...) c'est un aller sans retour, et après vous payez le prix fort. Tout le monde se détourne de vous, vous n'avez plus de boulot, plus rien. Je pense que ça a provoqué un choc", estime encore l'animateur.

Article original publié sur BFMTV.com