Manifestation ce samedi à Beyrouth de Libanais exaspérés

par Michael Georgy
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MANIFESTATION CE SAMEDI À BEYROUTH DE LIBANAIS EXASPÉRÉS
MANIFESTATION CE SAMEDI À BEYROUTH DE LIBANAIS EXASPÉRÉS

par Michael Georgy

BEYROUTH (Reuters) - A Beyrouth, où l'on fouille encore les décombres des immeubles ravagés par l'explosion de mardi, le deuil cohabite avec la colère d'une population exaspérée par un pouvoir qu'elle accuse de passivité.

La déflagration de mardi a tué 154 personnes et en a blessé au moins 5.000 autres et ramené la capitale libanaise des années en arrière, les rues jonchées de gravats.

Pour ces Beyrouthins qui s'efforcent de nettoyer leurs logements dévastés, l'oligarchie libanaise les a une fois de abandonnés et certains d'entre eux manifesteront leur exaspération ce samedi place des Martyrs, haut lieu de la contestation.

"Le peuple fait votre travail, la honte !", dit un message tracé du doigt sur une vitre poussiéreuse.

"Nous n'avons aucune confiance en notre gouvernement", a commenté Céline Dibo, une étudiante, tout en nettoyant les taches de sang qui souillent les murs de l'immeuble qui abrite son appartement. "J'aimerais tant que les Nations unies prennent le Liban en Charge.

Beaucoup d'habitants n'ont pas été vraiment surpris de voir que leur quartier dévasté n'ait été visité que par le président français Emmanuel Macron tandis que les responsables politiques libanais ont brillé par leur absence.

"Nous vivons à 'ground zero'. J'espère qu'un autre pays va nous prendre en charge. Nos dirigeants ne sont qu'une clique de corrumpus", a déploré Maryse Hayek, une habitante de 48 ans.

Selon le Premier ministre et la présidence libanaise, quelque 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium, un matériau qui entre à la fois dans la composition d'engrais et d'explosifs, ont été stockées pendant six ans dans un hangar du port de Beyrouth sans véritables mesures de sécurités.

Michel Aoun, a annoncé vendredi que l'enquête étudierait la piste de la négligence mais aussi celle de l'attentat ou de l'intervention extérieure, écartant au passage la demande d'enquête internationale réclamée jeudi par son homologue français. Vingt personnes ont pour l'heure été interpellées, a dit le chef d'Etat libanais.

La France co-organisera dimanche une visioconférence réunissant les donateurs afin de coordonner l'aide internationale, a fait savoir l'Elysée ce samedi.

(version française Nicolas Delame)