Maintien de la chasse le dimanche: les ONG dénoncent "le mépris inacceptable du gouvernement"

Richard Hamilton Smith via Getty Images

Le plan chasse de l'exécutif annoncé ce lundi n'a pas retenu le principe d'une journée sans chasse par semaine. Au grand dam des associations environnementales qui soulignent le fort assentiment des Français en la matière.

Des annonces qui passent mal dans les rangs des associations pour la protection de la nature. Le plan chasse, dévoilé ce lundi par Bérangère Couillard, la secrétaire d'État à l'Écologie, n'interdit pas la chasse dominicale, l'une de leurs principales revendications.

"L'abandon du dimanche sans chasse constitue un mépris inacceptable à l'égard des 80% des Français qui attendent un cessez-le-feu", juge ainsi la Ligue de protection des oiseaux qui dénonce "des mesurettes" dans un communiqué de presse.

"À genoux devant le lobby de la chasse"

L'institution pointe le fait que près de 8 Français sur 10 sont pour l'interdiction de la chasse le dimanche, selon un sondage IFOP publié le 2 janvier. En gestation depuis plusieurs mois, le plan du gouvernement qui affirme vouloir "tendre vers le zéro accident" n'a pas retenu le principe d'une journée anti-chasse.

Sur la période 2021-2022, l'Office français de la biodiversité (OFB) a recensé 90 accidents de chasse, dont huit mortels.

"Le gouvernement est à genoux devant le lobby de la chasse", a martelé Marc Giraud, le porte-parole de l'association pour la protection des animaux sauvages sur BFMTV ce lundi.

"Tenu personnellement responsable" des accidents

Même son de cloche du côté de la Fondation Brigitte Bardot, engagée depuis la fin des années 1970 sur la cause animale.

"Puisque vous (Emmanuel Macron NDLR) vous opposez personnellement à l'instauration des dimanches sans chasse, contre l'avis des Français et de votre majorité, vous serez personnellement tenu pour responsable des accidents dominicaux", a tancé l'ancienne actrice.

Les chasseurs sont, eux, soulagés de ces annonces alors que l'inquiétude était montée dans leurs rangs ces derniers jours. "La nature, de par la loi, n'est pas à tout le monde", expliquait au micro de BFMTV un amateur dans le Var ce dimanche.

"Le terrain est privé ou appartient à l'État. Nous, en l'occurrence, nous sommes des propriétaires privés. Personne n'a rien à y faire s'il n'est pas propriétaire ou ayant-droit. Le chasseur, avec le droit de chasse, est un ayant-droit", argumentait-il encore.

Un plan "pas à la hauteur"

Principale mesure de ce plan portée par Bérangère Couillard: le taux d'alcoolémie ne pourra désormais plus dépasser 0,5 gramme d'alcool dans le sang comme pour les automobilistes.

"C'est bien la moindre des choses. On n'est vraiment pas à la hauteur des problèmes que la chasse suscite", avançait dimanche Allain Bougrain-Dubourg, le président de la Ligue pour la protection des oiseaux.

Le gouvernement suit les recommandations d'un rapport sénatorial qui s'étonnait en septembre dernier que "chasser en état d'ébriété ne soit pas formellement interdit".

La formation des chasseurs, notamment celle liée à la manipulation des armes, "sera renforcée", a encore promis la secrétaire d'État à la biodiversité.

"Notre sujet, c'est la sécurité 7 jours sur 7"

Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron qui était alors candidat à sa réélection s'était fendu d'un long courrier adressé à Willy Schraen, le président de la Fédération nationale des chasseurs. Il avait salué "la passion" des chasseurs et "leur attachement" à l'environnement.

"Nous, notre sujet, c'est la sécurité 7 jours sur 7. L'interdiction un jour par semaine est pas un totem. Même si on le faisait, cela ne changerait pas grand-chose à la question des accidents", assume un conseiller ministériel auprès de BFMTV.com.

Les dispositions présentées par Bérangère Couillard doivent désormais être adoptées à l'Assemblée nationale dans les prochains mois.

Article original publié sur BFMTV.com

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