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Loi immigration: Les Républicains divisés sur la censure du Conseil constitutionnel

Les membres des Républicains ne parlent toujours pas d'une seule voix. Motif des divergences cette fois: la décision du Conseil constitutionnel de censurer plus d'un tiers de la loi immigration jeudi dernier, dont de nombreuses mesures qui avaient été adoptées sous pression de la droite et avec l'assentiment de l'extrême droite.

Un "piège"

Plusieurs pontes de LR ont tancé les Sages: un "coup d'État de droit", s'est indigné Laurent Wauquiez le soir même dans Le Parisien, alors qu'Éric Ciotti a fustigé un "hold-up démocratique". Le premier a même proposé que que le Parlement puisse avoir "le dernier mot", après le Conseil constitutionnel.

Ces attaques - également reprises par l'extrême droite, Jordan Bardella (RN) parlant d'un "coup d'État des juges" - sont loin de faire consensus au sein de LR.

Si Aurélien Pradié évoque une "arnaque à la démocratie" dans L'Express ce samedi, il ajoute:

"Le Conseil constitutionnel n’est pas le responsable de l’arnaque, il est celui qui la révèle. Je ne m’en prendrai pas à cette instance, qui a jugé en droit."

Avant de renvoyer la responsabilité à Emmanuel Macron, dont il dénonce le "cynisme". Ce dernier, qui avait saisi les Sages après le vote de la loi, "nous tend un piège politique dans lequel nous ne devons pas tomber", estime le député du Lot. Le piège en question?

"On ne peut pas raconter n'importe quoi"

"Nous faire basculer dans le camp de ceux qui ont toujours jeté l’opprobre sur le juge constitutionnel : Mélenchon, Le Pen et même François Mitterrand au temps où il combattait le Général de Gaulle et contestait l’existence de la Ve République", développe Aurélien Pradié. Il avertit:

"Ce camp n’est pas celui des gaullistes. Il ne l’a jamais été et ne doit pas le devenir."

L'élu de 37 ans n'est pas le premier à se démarquer. Dès vendredi, Xavier Bertrand, potentiel concurrent en interne de Laurent Wauquiez pour 2027, a fait part de son "profond désaccord" sur France Info.

"Quand on est dans l'opposition, quand on veut gouverner, on ne peut pas raconter n'importe quoi. On ne peut pas s'en prendre aux institutions comme on le fait aujourd'hui. Quand les responsables politiques chauffent tout le monde à blanc, vous risquez d'avoir une fin de mandat qui pourrait un jour ressembler à celle de Trump, aux États-Unis", a déclaré le président des Hauts-de-France.

Jean-François Copé a quant à lui estimé dans La Tribune Dimanche que ses collègues reprennent le "langage de l'extrême droite".

Article original publié sur BFMTV.com