L'art du "pegging", ou quand les hommes découvrent le plaisir anal

Longtemps considérée comme une pratique taboue, la sodomie est petit à petit entrée dans les moeurs. Du moins, quand elle est pratiquée par un homme qui pénètre une femme. Pourtant, grâce aux jouets coquins, il est également possible de faire le contraire. Les anglo-saxons appellent cet acte sexuel le “pegging”.

Le “pegging“, c’est quoi ? 

Si les femmes ont un point G, les hommes, eux, ont un point P. En dehors de la stimulation du pénis, ces derniers peuvent en effet avoir un orgasme grâce à la stimulation de la prostate, lors d’une pénétration anale, avec les doigts bien sûr, mais aussi avec des objets, tels que des sextoys. C’est là que le pegging entre en scène. Cette pratique, dont le nom n’a pas vraiment d’équivalent en français, consiste en une pénétration anale pratiquée par une femme sur un homme, avec un gode-ceinture. 

Ici, les rôles sont donc inversés. Pour une fois, c’est la femme qui pénètre et non l’homme, afin de lui donner du plaisir d’une autre façon. Cet acte sexuel demande cependant un peu de matériel : du lubrifiant spécial pénétration anale, bien sûr, pour éviter les douleurs, et un gode ceinture, donc. Il en existe d’ailleurs plusieurs modèles : certains sont de simples sextoys qui se fixent sur un harnais, d’autres sont des jouets érotiques à double embouts, qui permettent à la femme d’être pénétrée en même temps que son partenaire, mais qui demande un peu de pratique et un périnée particulièrement musclé. 

Pegging et pénétration anale chez les hommes : des pratiques encore taboues

C’est prouvé : la pénétration anale peut être une véritable source de plaisir chez les hommes. Mais pour bon nombre d’entre eux, l’idée est tout simplement aberrante. S’ils ne voient pas le problème à l’idée de sodomiser une femme, ils refusent que leur anus ne subissent la même chose. C’est notamment le cas de Marc, qui explique : “Si une femme approche ne serait-ce qu’un doigt de mes fesses, je risque de fuir en courant. L’idée me dégoûte totalement, je ne sais pas vraiment pourquoi d’ailleurs. Peut-être que ça me fait peur d’être pénétré, tout simplement.” Axel, lui, sait très bien pourquoi il refuse cette pratique : “Pour moi, un homme qui aime la pénétration anale, c’est un homosexuel, c’est tout, c’est comme ça. 

Pourtant, le fait de prendre du plaisir d’une façon ou d’une autre n’a rien à voir avec ses préférences sexuelles. Loup le confirme : “Quand certains mecs que je pénètre de cette manière m’assurent qu’ils sont bien hétéros, ça me fait rire, parce que ça n’a rien à voir.” En tant qu personne transmasculine, il explique que le pegging lui a permis de mieux appréhender la sodomie : “Au début de ma sexualité, j’avais un petit peu de mal avec l’idée de contact anal, sur moi ou sur les autres… A cause du tabou sur la saleté je pense. Aussi j‘ai eu du mal avec la sodomie sur moi pendant des années, ça m’angoissait alors que j’adorais l’idée sur le papier, j’avais peur d’être sale, d’avoir mal, bref. Le fait de m’approprier le sexe anal en donnant, en prenant d’autres personnes m’a aidé à déconstruire la pratique, à trouver ça naturel. 

Renan, lui, a testé et approuvé cette nouvelle façon d’explorer sa sexualité : “J’étais hyper nerveux à l’idée de proposer ça à ma chérie. Il m’a fallu un peu de temps pour la convaincre, elle avait tellement peur de me faire mal. J’avais déjà essayé de me pénétrer avec mes doigts, des jouets, et j’avais vraiment adoré. Avec elle, c’est encore mieux. Je perds totalement le contrôle et ça rend mes orgasmes beaucoup plus puissants, quand elle me pénètre et qu’elle me masturbe en même temps… C’est fou !” Florian, lui, n’a pas encore franchi le pas : “Je pratique l’anal en solo, mais je ne sais pas si c’est vraiment comparable. Mais c’est ça qui m’a donné envie de pratiquer le pegging ! J’aime l’idée de pouvoir exploiter pleinement la prostate, et un peu “d’inverser la tendance” aussi, puisque la pénétration est quand même très unilatérale dans la tête des gens. Il ne me reste plus qu’à trouver une partenaire prête à tenter l’expérience.” 

Quand la pénétration change de côté 

L’art du pegging permet également aux femmes de prendre les commandes, de passer du côté “donneur” plutôt que “receveur”. Et pour Alice, cela n’a pas été facile à appréhender. “Quand mon mec m’a proposé d’essayer, j’ai tout de suite été partante, par pure curiosité. Mais pour notre “première fois”, j’ai tenu à ce que l’on prenne notre temps. J’avais peur de lui faire mal, de ne pas maîtriser mes mouvements comme il faut… Ça fait travailler les abdos, mine de rien ! Aujourd’hui, le gode-ceinture fait partie de notre petit attirail coquin, et j’adore voir mon chéri prendre du plaisir de cette manière. Ça m’excite énormément, et pour lui, c’est 100% plaisir. Maelys a elle aussi connu cette zone de doute : “J’avais un peu peur de ne pas savoir manier le harnais, comme si je recommençais ma vie sexuelle à 0 et que j’étais de nouveau complètement perdue. Mais au final tout s’est très bien passé. 

Le pegging est donc, vous l’aurez compris, une pratique qui permet d’apporter excitation et plaisir aux deux partenaires, et de découvrir une nouvelle façon d’atteindre l’orgasme pour les personnes dotées d’une prostate. Alors, prêts à vous laisser tenter ? 

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