Raids de bombardiers russes en Syrie à partir d'une base en Iran

par Andrew Osborn

par Andrew Osborn

MOSCOU (Reuters) - Des bombardiers russes, déployés sur une base aérienne en Iran, ont bombardé des positions de l'Etat islamique (EI) et des rebelles de l'ancien Front al Nosra à Alep, Idlib et Daïr az Zour en Syrie, a annoncé mardi le ministère russe de la Défense.

Il s'agit de bombardiers à long rayon d'action Tupolev-22M3 et des bombardiers tactiques Soukhoï-34 qui ont décollé de la base aérienne d'Hamadan, dans le nord-ouest de l'Iran, a ajouté le ministère.

Aucun avion russe n'avait encore décollé d'un pays étranger, en dehors de la Syrie elle-même, depuis le début de l'intervention militaire de Moscou, en septembre. C'est en outre la première fois que la République islamique d'Iran autorise une puissance étrangère à utiliser son territoire à des fins militaires.

Ces opérations confirment le rôle croissant pris par l'armée russe dans la région. Les bombardiers partis d'Iran ont bénéficié de la protection de chasseurs déployés sur la base de Hmeimim, dans la province syrienne de Lattaquié, a précisé le ministère de la Défense.

A Téhéran, le président du conseil de sécurité nationale de la République islamique a annoncé que son pays partageait certaines de ses installations militaires avec la Russie afin de combattre le terrorisme en Syrie.

"La coopération irano-russe dans le combat contre le terrorisme en Syrie est stratégique et nous partageons nos moyens et nos infrastructures dans ce domaine", a déclaré Ali Shamkhani, cité par l'agence de presse Irna.

ALEP VISÉE

"Les frappes ont entraîné la destruction de cinq grands dépôts d'armes (...), d'un camp d'entraînement d'activistes (...), de trois centres de commandement et de contrôle (...) et d'un nombre important d'activistes", dit le ministère de la Défense, dans un communiqué. Toutes ces positions étaient impliquées dans la bataille d'Alep, précise-t-il.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) fait état mardi de nombreux raids aériens dans et autour de la ville, devenue le principal enjeu du conflit. A Tariq al Bab et Al Sakhour, deux quartiers du nord-est d'Alep, les bombardements ont fait une vingtaine de morts, ajoute-t-il.

A Moscou, le ministère de la Défense assure que l'aviation russe a fait le maximum pour épargner les civils. Plusieurs centaines de millier de personnes se trouvent dans les quartiers d'Alep aux mains des insurgés assiégés par les forces gouvernementales.

Selon la presse russe, la Russie a par ailleurs demandé et obtenu l'autorisation de l'Iran et de l'Irak pour tirer des missiles de croisière au-dessus de leur territoire à partir de la mer Caspienne.

La chaîne de télévision publique Rossiya-24 a diffusé des images dépourvues de légende, montrant trois bombardiers et un avion de transport militaire, sans doute en Iran, sans préciser où, ni quand, elles avaient été tournées.

La chaîne a expliqué que la présence de bombardiers en Iran allait réduire les temps de vol de 60% et rendre plus efficaces les bombardements. La presse russe précise que les bombardiers Tupolev-22, déjà employés pour intervenir en Syrie à partir du territoire russe, étaient trop imposants pour utiliser l'aérodrome de Hmeimim.

(Avec Dominic Evans à Dubaï, Pierre Sérisier et Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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