L’Union européenne importe de plus en plus de gaz naturel liquéfié russe

MISCHA KEIJSER/IMAGE SOURCE VIA AFP

“Les dirigeants européens se sont vantés d’avoir réduit leur dépendance au gaz russe depuis que Vladimir Poutine a envahi l’Ukraine. Mais ce n’est qu’une partie de la vérité”, observe Politico dès le début de son article.

Selon les chiffres fournis par la Commission européenne, “de janvier à septembre [2022], l’UE [Union européenne] a importé 54,2 milliards de mètres cubes de gaz de la Russie par gazoduc”. L’année précédente, à la même période, ce chiffre s’élevait à 105,7 milliards de mètres cubes, ce qui témoigne, effectivement, d’une diminution de plus de la moitié des importations par gazoduc. Voilà qui a été “un motif d’orgueil pour l’UE au moment où l’objectif était d’affaiblir les finances du Kremlin”, souligne le média européen.

Mais le gaz fourni par Moscou n’arrive pas que par l’intermédiaire des pipelines. En effet, la Russie envoie aussi du gaz en Europe par voie maritime, sous la forme de gaz naturel liquéfié (GNL). Et ces livraisons ne faiblissent pas, bien au contraire. “De janvier à septembre 2022, les pays de l’UE ont importé 16,5 milliards de mètres cubes de GNL russe, contre 11,3 milliards sur la même période l’année dernière”, signale Politico, qui calcule une augmentation de 46 % en un an.

Le risque d’une explosion des prix

Certes, tempère le média, ce gaz est exporté par Novatek, une société privée russe, au contraire de celui qui arrive par pipeline, dont la société étatique Gazprom a le monopole. Même si les bénéfices ne vont donc pas directement renflouer les caisses de Moscou, “Novatek a des actionnaires qui sont proches du Kremlin”, précise le site d’information, citant à ce sujet une analyse publiée par l’université Columbia, à New York.

Ainsi, augmenter les importations de GNL russe pourrait permettre à Poutine, dans un avenir proche, de pratiquer un chantage “en bloquant les exportations vers les pays non amicaux, comme il l’a fait avec les gazoducs”, conclut Politico.

La meilleure solution serait alors de cesser totalement les importations de GNL russe, mais cela ferait exploser les prix. Seuls deux pays en Europe ont pour l’instant stoppé l’achat de GNL à Moscou : le Royaume-Uni et la Lituanie.

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