Quand l’Inde se paie le port de Haïfa

PHOTO NIR ELIAS REUTERS.

Le 14 juillet, le Groupe Adani, empire industriel détenu par l’Indien Gautam Adani, personnalité la plus riche d’Asie et sixième fortune mondiale, a raflé la mise dans l’opération de privatisation du port de Haïfa. Dans The Marker, le supplément économique du quotidien israélien Ha’Aretz, le journaliste Avi Bar-Eli souligne que, pour obtenir cette participation majoritaire de 70 %, “la société Adani Ports a déboursé la somme astronomique de 4,1 milliards de shekels [1,2 milliard d’euros]”, balayant ainsi toute concurrence.

Les 30 % restants seront acquis par la société israélienne Gadot Chemical Terminals. Avi Bar-Eli révèle par ailleurs que “les Émirats arabes unis se sont retirés de la course à la dernière minute tandis que, à la suite de fortes pressions exercées par les États-Unis, les Chinois n’ont finalement pas soumis d’offre”.

La société d’Adani exploite 13 terminaux portuaires en Inde et contrôle 24 % du commerce maritime indien. L’énorme investissement réalisé en Israël laisse augurer une augmentation du trafic maritime entre l’Asie et l’Europe et illustre le besoin des principaux opérateurs asiatiques de disposer d’un hub en Méditerranée.

Une démarche aussi bien économique que politique

Avi Bar-Eli estime que “l’acquisition d’une participation majoritaire dans un actif aussi stratégique qu’un port n’est pas seulement une opération privée mais aussi et surtout une manœuvre politique. En d’autres termes, derrière Gautam Adani, on trouve tout simplement le gouvernement indien de Narendra Modi.”

L’arrivée d’Adani sur la scène israélienne va attirer davantage d’investissements indiens, en particulier dans les domaines des énergies renouvelables et de la défense. “D’autant que le Groupe Adani coopère déjà avec la société aérospatiale et de défense israélienne Elbit Systems dans une usine de fabrication de drones en Inde.”

Ces reconfigurations stratégiques déterminent le paysage du “nouveau Moyen-Orient”. La possible normalisation à terme entre l’Arabie saoudite et l’État hébreu permettrait de rouvrir la voie de chemin de fer reliant Haïfa à La Mecque en passant par la Jordanie, inopérationnelle depuis la proclamation de l’État d’Israël en 1948.

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