Ce que “l’arbre le plus isolé de la planète” peut enseigner à la science

Capture d’écran / YouTube / Intrepid Science

“Il est seul sur cette île battue par les vents et couverte d’une végétation basse, située dans l’océan Austral, à 700 kilomètres au sud de la Nouvelle-Zélande.” L’épicéa de Sitka évoqué par The Guardian s’est fait une place au sein du Guinness des records en sa qualité d’“arbre le plus isolé de la planète”, indique le journal britannique.

Son voisin le plus proche pousse à 222 kilomètres de là, sur les îles Auckland, un autre archipel néo-zélandais inhabité.

L’arbre solitaire, haut de 9 mètres, qu’on pense avoir été planté par Lord Ranfurly, un Britannique qui fut gouverneur de Nouvelle-Zélande de 1897 à 1904, “pourrait aider à résoudre certaines énigmes du changement climatique”, selon une équipe de chercheurs néo-zélandais. Plus précisément, cet épicéa pourrait aider à mieux comprendre le processus d’absorption du dioxyde de carbone dans l’océan Austral.

Où est donc passé le CO2 ?

En 2016, les chercheurs ont ainsi extrait de l’arbre une carotte de 5 millimètres pour effectuer une étude, dont les résultats n’ont pas encore été dévoilés. L’analyse de ces cernes devrait leur permettre d’évaluer la quantité de CO2 stocké dans le bois. Jocelyn Turnbull, spécialiste de la datation au carbone 14 au GNS Science, l’Institut néo-zélandais des sciences géologiques et nucléaires, rappelle que seule la moitié du dioxyde de carbone émis par l’utilisation des combustibles fossiles reste dans l’atmosphère. L’autre moitié part dans les océans et les sols.

“Il s’avère que l’océan Austral est un puits de carbone et a absorbé environ 10 % du CO2 émis par l’homme ces cent cinquante dernières années”, note la chercheuse. Or, relève The Guardian : “Des études antérieures portant sur l’absorption de carbone par l’océan Austral ont produit des résultats contradictoires.”

En règle générale, les prélèvements atmosphériques sont la meilleure méthode pour mesurer les concentrations de CO2, “mais on ne peut pas collecter l’air qui était là il y a trente ans”, fait observer Jocelyn Turnbull. C’est pourquoi elle et son équipe se sont tournées vers les cernes d’arbres, en particulier ceux de l’épicéa des îles Campbell (voir la vidéo ci-dessous), “l’arbre le plus au sud que l’équipe a pu trouver”. La chercheuse souligne :

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