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"J'ai envie de leur dire: 'dégagez'": la lourde charge de Rothen contre City, accusé d'utiliser l'Estac comme une coquille vide

S'il vous arrive de faire un détour par le stade de l’Aube un jour de match, interpellez un supporter de l’Estac au sujet du Brésilien Savio. Pensez toutefois à y mettre les formes, car il n’est pas certain que l’accueil soit des plus enthousiastes, tout comme il n’est pas acquis non plus que votre interlocuteur sache vous parler de la recrue la plus chère de l’histoire du club. Et pour cause, il ne l’a jamais vu jouer, ni même aperçu dans la région. Aussi surprenant soit-il, l’ailier brésilien, recruté par Troyes pour la modique somme de 6,5 millions d’euros en juillet 2022, n’a jamais mis les pieds dans la région.

"L'Estac n'est pas un jouet"

Et pourtant, deux ans plus tard, Savio appartient toujours à l’Estac. Enfin, surtout au City Football Group, le conglomérat dépendant du fonds souverain d’Abou Dhabi, propriétaire de Manchester City, lequel chapeaute une dizaine de clubs satellites, dont l’Estac, dont il est devenu actionnaire majoritaire en septembre 2020. Et autant vous dire que le City Group a d’autres projets pour Savio que de filer un coup de main à Troyes, qui lutte pour son maintien en Ligue 2. Pour le Brésilien, révélation de la Liga avec la surprenante équipe de Gérone cette saison, c’est un transfert vers Manchester City cet été qui se profile.

La situation a toujours été très claire, et ce dès le début. "Je savais que Troyes était dans le City Group et je pensais qu'en travaillant, je pourrais un jour rejoindre Manchester City", confiait Savio en septembre 2023. Les informations qui font état d’un transfert qui serait en bonne voie à Manchester City ne sont donc que la concrétisation d’un projet qui échappe totalement à l’Estac, sorte de coquille vide aux services des ambitions de Manchester City et de son propriétaire.

"Il faut le dénoncer, l’Estac n’est pas un jouet", s’emporte Jérôme Rothen, passé par l’Estac au début de sa carrière (2000-2002).

L’ancien joueur de l’AS Monaco et du Paris Saint-Germain ne supporte pas de voir un club auquel il est resté très attaché "servir de serpillière" à Manchester City, condamné à n’être plus qu’une simple extension dans le modèle économique du club anglais.

"Ils s’imaginent peut-être que, parce que c’est Troyes, on ne va pas se montrer vigilants. Je trouve ça problématique, déplore Jérôme Rothen. J’ai juste envie de leur dire: 'dégagez, le football français n’a pas besoin de vous'. Je n’ai pas honte de le dire, on n’a pas besoin d’eux." Jérôme Rothen dénonce "les magouilles" qui ont pu permettre à Manchester City de dribbler certaines réglementations et de ne pas encombrer encore davantage un effectif de Manchester City suffisamment fourni.

"Depuis qu'ils sont là, c'est la bérézina"

"Ça me met en colère. A travers ce joueur, tout est résumé. Ils se servent de ce club comme d’un tremplin pour certains joueurs, s’indigne Jérôme Rothen. C’est un joueur de qualité qui aurait pu apporter des choses à Troyes." Au lieu de ça, le club troyen donne l’impression de naviguer à vue au cœur d’une saison calamiteuse qui pourrait se terminer par une relégation du club à l'échelon inférieur.

Descendu en Ligue 2 à l’issue du précédent exercice, l’Estac a déjà vu passer trois entraîneurs cette saison et pourrait connaître une deuxième descente consécutive. "Depuis qu’ils sont là, c'est la bérézina, constate amèrement Jérôme Rothen. Ils nous ont vendu un club qui doit s’imposer et durer en Ligue 1, et à l’arrivée, ils sont au fin fond de la Ligue 2. Il n’y a aucune stabilité."

"Avec Savio, on a passé un cap, il faut le dénoncer", suggère l’ex-international français. Jérôme Rothen appelle les supporters troyens à manifester pacifiquement leur désapprobation et à faire entendre leur colère. "Et si les contestations ne suffisent pas, ne venez plus au stade, laissez-les dans leur merde, faites leur comprendre qu’au bout d’un moment il va falloir prendre la porte."

Article original publié sur RMC Sport