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"J'ai couru au-dessus des cadavres": une rescapée de la rave-party attaquée en Israël témoigne

"Ma seule prière, c'était de mourir vite et de ne pas être kidnappée". Plusieurs centaines de personnes sont mortes samedi lors de l'attaque par le Hamas d'un festival de musique électronique, le "Supernova sukkot", organisé à quelques kilomètres de la bande de Gaza, dans le désert.

Au petit matin, des roquettes sont lancées. Les organisateurs du festival prennent le micro pour demander aux participants de se rassembler au parking et de rentrer chez eux en voiture. "Avec mon mari, on s'est allongé par terre en attendant que ça se termine, avant de rentrer à la maison", raconte Laura, 35 ans, productrice de festivals de musique.

"On était dans notre caravane, on allait partir et on a compris qu’ils tiraient sur tout le monde", poursuit la jeune femme.

"Vous comprenez que c'est votre dernier moment à vivre"

Des terroristes du Hamas débarquent, notamment avec des parapentes motorisés. Peu après, un nouveau message: alerte rouge, c'est une fusillade. "Il n'y avait aucun endroit pour se cacher, il y avait des roquettes qui tombaient du ciel et des terroristes qui tiraient de partout", explique Laura.

Avec son mari, ils se cachent dans la caravane, avec cinq autres personnes. "On était allongé dans le silence et on entend les terroristes dehors tuer tous nos amis, on entend des gens hurler".

Puis le silence. "Puis ils sont revenus une seconde fois pour achever les gens", ajoute-t-elle.

Elle raconte que des terroristes essaient alors d'ouvrir la caravane, verrouillée à clé. "C'est le moment où avec mon mari on s'est dit au revoir: quand il y a un terroriste qui frappe à la porte, vous comprenez que c'est votre dernier moment à vivre", se remémore Laura.

"J'ai dit à mon mari que je l'aime et j'ai fermé les yeux. Ma seule prière c'était de mourir vite et de ne pas être kidnappée".

"J'ai couru au-dessus des cadavres"

Six heures plus tard, l'armée israélienne arrive sur les lieux. "On nous a dit au téléphone qu'on pouvait sortir mais avec les mains en l'air et en courant pour pas qu'on nous tire dessus", confie la jeune femme.

"Ce que mes yeux ont vu, je n'oublierai jamais: c'était un massacre total", ajoute-t-elle.

"Même dans les films on ne voit pas ça, j'ai couru au-dessus des cadavres d'amis à moi", explique la jeune femme, toujours aujourd'hui "en état de choc". Elle dit depuis enchaîner les enterrements.

"On reçoit tous les jours des noms et on a énormément d'amis absents donc on attend de savoir s'ils sont morts ou s'ils sont pris otage", conclut Laura.

Article original publié sur BFMTV.com