Istanbul tarde à se prémunir contre le séisme qui vient

Photo Yasin AKGUL AFP.

Istanbul vit dans l’attente d’un séisme de grande ampleur, prévu depuis plusieurs années par les scientifiques. Selon le sismologue turc Naci Görür, interrogé le 18 juillet par le quotidien Milliyet, la probabilité d’un grand tremblement de terre d’ici à 2030 s’élèverait à 64 %.

En 1999, dans la ville d’Izmir, voisine d’Istanbul, un tremblement de terre sur la faille sismique nord-anatolienne, une des plus dangereuse du monde – comparable à celle de San Andreas en Californie –, avait causé la mort de 30 000 personnes.

Mais le segment de cette faille sismique situé en mer de Marmara n’a pas connu de séisme depuis 1766. Un signe inquiétant selon les scientifiques, l’accumulation d’énergie à cet endroit risquant de déboucher sur un tremblement de forte magnitude au large d’Istanbul, peuplé de plus de 16 millions d’habitants.

“Les politiciens refusent d’écouter les scientifiques”

Une inquiétude d’autant plus grande que les préparatifs à cette éventualité ne sont pas entrepris, souligne le scientifique :

“Plus de 1 million de bâtiments ne sont pas aux normes de résistance sismique. Parmi ceux-ci, 50 000 sont particulièrement à risque. Si ne fût-ce que 10 000 d’entre eux s’effondrent, le séisme pourrait provoquer 300 000 morts.”

“Les politiciens refusent d’écouter les scientifiques”, déplore l’universitaire, qui s’inquiète des tensions et des luttes de pouvoir entre l’État et la mairie d’Istanbul, dirigée depuis 2019 par un opposant au pouvoir.

Un projet d’évaluation des risques a ainsi bel et bien été mis en place, sous l’égide de la préfecture et du ministère de l’Intérieur, mais les arrondissements dirigés par l’opposition, à couteaux tirés avec les autorités étatiques, sont mal informés des risques les concernant ou réclament des fonds pour pouvoir agir.

Un manque de coopération d’autant plus crucial que les risques sont multiples, notamment concernant les barrages qui alimentent la ville en eau. Le scientifique met en garde :

“D’après des études sérieuses, sur les 16 barrages d’Istanbul, deux d’entre eux pourraient se fissurer en cas de séisme, engloutissant les dizaines de milliers d’habitations à proximité, sans compter les conséquences d’une pénurie d’eau dans un tel contexte de catastrophe naturelle.”

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