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En Israël, le président argentin Milei annonce le "projet" de déménager l'ambassade d'Argentine à Jérusalem

Une première polémique pour une première visite à l'étranger du président argentin, Javier Milei. À peine arrivé en Israël ce mardi 6 février, il a annoncé son "projet" hautement sensible de déménager à Jérusalem l'ambassade de son pays, située actuellement près de Tel-Aviv.

"Mon projet est de déplacer l'ambassade à Jérusalem-Ouest", a déclaré Javier Milei, reçu sur le tarmac à Tel-Aviv par le ministre israélien des Affaires étrangères, Israël Katz, sans donner de délai pour ce déménagement.

Le bureau du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, a salué cette annonce, relevant que le chef de l'État argentin "tenait ses promesses" en la matière.

Peu après, le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir à Gaza et en guerre avec Israël depuis le 7 octobre, a "fermement condamné" cette annonce, la qualifiant de "violation des droits" des Palestiniens et du "droit international".

"Un grand allié"

Javier Milei avait déjà fait part de cette intention. L'Argentine deviendrait ainsi l'un des très rares pays à disposer d'une telle représentation diplomatique auprès d'Israël dans cette ville, enjeu clef du conflit israélo-palestinien.

Le président ultralibéral argentin avait indiqué avant son départ qu'Israël serait le premier pays étranger où il se rendrait, le qualifiant de "grand allié" naturel au même titre que les États-Unis.

Dans un contexte de conflit, ce projet de déménagement n'était pour autant pas à l'ordre du jour immédiatement avait suggéré en novembre Diana Mondino, devenue depuis sa cheffe de la diplomatie.

La quasi-totalité des pays entretenant une présence diplomatique formelle auprès des autorités israéliennes ont leur ambassade à Tel-Aviv. Seuls la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Guatemala, le Honduras, le Kosovo et les États-Unis - depuis 2018, sous la présidence de Donald Trump - disposent d'une ambassade à Jérusalem.

Une visite au mur des Lamentations

Le plan de partage de la Palestine voté par l'ONU en 1947 prévoyait un statut spécial, international, pour Jérusalem du fait de son importance pour les juifs, les chrétiens et les musulmans. Mais à l'issue de la première guerre israélo-arabe, la ville se retrouve coupée en deux, sous contrôle israélien pour sa partie ouest, et jordanien pour sa partie orientale.

Israël conquiert Jérusalem-Est et l'annexe en 1967 avant de proclamer en 1980 la ville "réunifiée" comme sa capitale "éternelle" et "indivisible". Une décision que n'acceptent pas les Nations unies, qui considèrent encore aujourd'hui Jérusalem-Est comme territoire palestinien occupé.

Ce mardi, Javier Milei s'est rendu au mur des Lamentations, dans la vieille-ville de Jérusalem. Visiblement ému, les yeux rouges, il s'est tenu plusieurs minutes le front et les bras en croix collés au mur.

Il a été acclamé par la foule à l'arrivée et au départ du mur des Lamentations, certains criant en espagnol: "Viva la libertad, carajo!" (vive la liberté, bordel!), le cri de ralliement du président.

Article original publié sur BFMTV.com