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Israël ordonne l'évacuation de 1,1 million d'habitants du nord de la bande de Gaza d'ici 24 heures, l'ONU s'inquiète

L'ONU a été informée par l'armée israélienne d'un ordre de "relocalisation" de quelque 1,1 million d'habitants du nord de la bande de Gaza vers le sud dans les 24 heures, a indiqué jeudi le porte-parole du secrétaire général de l'organisation, réclamant que cet ordre soit annulé.

"Aujourd'hui (12 octobre) juste avant minuit heure locale", les responsables de l'ONU à Gaza "ont été informés par leurs officiers de liaison de l'armée israélienne que la totalité de la population au nord de Wadi Gaza devait être déplacée dans le sud dans les 24 heures", a indiqué Stéphane Dujarric.

"Cela correspond environ à environ 1,1 million de personnes. L'ordre s'applique à tout le personnel de l'ONU et à tous ceux abrités dans les établissements de l'ONU, y compris les écoles, les centres de santé et les cliniques", a-t-il affirmé.

Dans la matinée, le Hamas a rejeté l'hypothèse de cette évacuation. "Notre peuple palestinien rejette la menace des dirigeants de l'occupation (israélienne, ndlr) et ses appels à quitter leurs maisons et à fuir vers le sud ou l'Egypte", affirme le mouvement islamiste dans un communiqué.

"Des conséquences humanitaires dévastatrices"

Les sites de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) abritent plus de 60% des 423.000 personnes déplacées ces derniers jours dans la bande de Gaza, mais le nombre de celles présentes au nord de Wadi Gaza n'était pas disponible à ce stade.

"Les Nations unies estiment impossible qu'un tel déplacement de population ait lieu sans provoquer des conséquences humanitaires dévastatrices", a insisté Stéphane Dujarric.

Dans ces circonstances, "les Nations unies appellent fortement à ce que cet ordre, s'il est confirmé, soit annulé pour empêcher de transformer ce qui est déjà une tragédie en une situation calamiteuse", a-t-il insisté.

Vers une intervention de l'armée israélienne?

Quelques heures plus tôt, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait promis, après un entretien à Tel-Aviv avec le secrétaire d'État américain Antony Blinken, d'anéantir le Hamas.

C'est de la bande de Gaza d'où sont partis les combattants du groupe islamiste le 7 octobre pour attaquer l'État hébreu.

Depuis, l'armée israélienne bombarde jour et nuit l'enclave palestinienne. La bande de Gaza, territoire pauvre et exiguë où s'entassent 2,3 millions de civils qui subissent un blocus terrestre, aérien et maritime depuis 2006, est désormais en état de siège, privée d'approvisionnements en eau, en électricité et en nourriture, coupés par Israël.

Outre les bombardements, l'armée israélienne a déployé des dizaines de milliers de soldats autour de Gaza. L'ordre de "relocalisation" laisse présager une intervention au sol de Tsahal, même si celle-ci n'a toujours pas été officialisée.

Le ministre de la Défense a indiqué cette semaine avoir "levé toutes les restrictions" pour que son armée "change" radicalement Gaza et que l'enclave palestinienne "ne [revienne] jamais à ce qu'elle était".

Article original publié sur BFMTV.com