En Iran, une peine de mort prononcée contre un manifestant

Iran's President Ebrahim Raisi speaks during a rally outside the former US embassy in the capital Tehran on November 4, 2022, to mark the 43th anniversary of the start of the Iran hostage crisis. - Iran's President Ebrahim Raisi today ridiculed a vow by US President Joe Biden to
ATTA KENARE / AFP Iran's President Ebrahim Raisi speaks during a rally outside the former US embassy in the capital Tehran on November 4, 2022, to mark the 43th anniversary of the start of the Iran hostage crisis. - Iran's President Ebrahim Raisi today ridiculed a vow by US President Joe Biden to "free" Iran, as weeks of protests in the Islamic republic show little sign of abating. (Photo by ATTA KENARE / AFP)

IRAN - C’est une première depuis le début de la contestation pour les droits des femmes. L’Iran a condamné à mort dimanche 13 novembre une personne accusée d’avoir participé aux « émeutes » (terme employé par les autorités) qui secouent le pays depuis deux mois, a annoncé l’autorité judiciaire.

Aucune information n’a été donnée sur son identité ni sur son âge.

Selon le verdict rendu par un tribunal de Téhéran, cette personne est jugée coupable « d’avoir incendié un bâtiment gouvernemental, de trouble à l’ordre public, de rassemblement et conspiration en vue de commettre un crime contre la sécurité nationale, d’être un ennemi de Dieu et de corruption sur terre », a précisé Mizan online, l’agence de l’autorité judiciaire.

Un autre tribunal de la capitale a condamné cinq personnes à des peines de cinq à 10 ans de prison pour « rassemblement et conspiration en vue de commettre des crimes contre la sécurité nationale et trouble à l’ordre public ». Il s’agit de tribunaux de première instance et les condamnés peuvent donc faire appel, a indiqué Mizan online.

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La justice iranienne a par ailleurs inculpé près de 800 personnes pour leur participation à de « récentes émeutes » dans les provinces d’Hormozgan, d’Ispahan et Markazi. Plus de 2 000 personnes ont été inculpées, dont la moitié à Téhéran, depuis deux mois, selon les chiffres fournis par la justice iranienne.

L’Iran connaît une vague de manifestations depuis la mort le 16 septembre de Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans, arrêtée trois jours plus tôt par la police des mœurs pour avoir enfreint le strict code vestimentaire de la République islamique.

Selon Mahmood Amiry-Moghaddam, le directeur de l’ONG Iran Human Rights (IHR) basée en Norvège, au moins 20 personnes font maintenant face à des accusations passibles de la peine de mort. « Nous sommes très préoccupés à l’idée que les exécutions puissent être menées à la hâte », a-t-il aussi déclaré à l’AFP. Il a pressé « la communauté internationale d’avertir fermement les autorités iraniennes qu’appliquer la peine de mort à des manifestants n’était pas acceptable et aurait des conséquences ».

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