Iran-Al-Qaïda : l'entente secrète

Par Armin Arefi
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Sur le papier, la République islamique chiite, dirigée par l'ayatollah Ali Khamenei (photo), est pourtant en tout point opposée aux djihadistes sunnites d'Al-Qaïda.
Sur le papier, la République islamique chiite, dirigée par l'ayatollah Ali Khamenei (photo), est pourtant en tout point opposée aux djihadistes sunnites d'Al-Qaïda.

La scène est digne d'un film d'espionnage. Nous sommes le 7 août dernier, dans les rues de Téhéran. Une Renault Logan est prise en filature par une moto dans le quartier de Pasdaran, dans le nord de la capitale. Les deux hommes à son bord se portent à hauteur du véhicule, côté conducteur, et tirent cinq balles à l'aide d'un pistolet silencieux. Les passagers du véhicule, un homme d'une soixantaine d'années et une jeune femme, meurent sur le coup.

D'après les médias iraniens, il s'agirait de Habib Daoud, un professeur d'histoire libanais, et de Myriam Daoud, sa fille, âgée de 27 ans. Étonnamment, l'affaire, qui rappelle l'assassinat de scientifiques nucléaires iraniens au début des années 2010, ne provoque pas de scandale en Iran. Tout juste certains milieux sécuritaires iraniens indiquent-ils que l'enseignant libanais était un membre du Hezbollah, mouvement chiite créé par l'Iran au Liban.

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Pourtant, personne au pays du Cèdre n'est venu confirmer par la suite l'identité de Habib Daoud ni celle de sa fille Myriam. Et pour cause, cet homme n'existe pas. L'individu abattu le 7 août dernier en Iran s'appelle en réalité Abdullah Ahmed Abdullah, plus connu sous le nom de guerre Abou Mohammed al-Masri. Numéro deux d'Al-Qaïda, c'est lui le cerveau des attentats contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie en 1998, qui ont fait 224 morts et plus de 5 000 blessés. D'après le New York Times qui a révélé l'affaire, Al-Mas [...] Lire la suite