Investiture de Lula : les immenses défis qui l’attendent

PHOTO ADRIANO MACHADO/REUTERS

Après deux mois d’une passation pouvoir difficile, Luiz Inácio Lula da Silva, élu d’une courte tête le 30 octobre dernier face au président sortant, Jair Bolsonaro, s’apprête de nouveau à prendre les manettes du Brésil. Un come-back historique pour le leader de gauche de 77 ans, qui avait déjà gouverné le pays entre 2003 et 2010 et quitté le pouvoir avec une approbation record (87 %).

Mais pour la presse brésilienne, son troisième mandat s’annonce particulièrement compliqué, avec d’importants défis à relever. “Il va gouverner un pays qui n’a jamais été aussi divisé” et qui connaît “de graves problèmes, à résoudre de toute urgence, à commencer par l’économie” du pays, bien plus mauvaise que lorsqu’il était arrivé pour la première fois au pouvoir, avertit l’hebdomadaire Veja.

Sous le gouvernement de Jair Bolsonaro, le Brésil a en effet connu une croissance médiocre, aggravée par la “mauvaise gestion de la pandémie de Covid-19et qui devrait stagner l’an prochain, une “précarisation du travail et l’endettement des familles brésiliennes”, expliquait El País América dans un article publié au lendemain du second tour. Dans un même temps, la pauvreté a progressé.

Interrogations sur la politique économique de Lula

Pour y remédier, Lula a notamment promis lors de sa campagne d’augmenter les dépenses et de relancer les grands travaux publics. “Or l’État est ruiné, très endetté, observe un éditorialiste du site en portugais de la radio allemande Deutsche Welle. Le risque est qu’une forte augmentation des dépenses gouvernementales déclenche un nouveau cycle de faible croissance, d’inflation élevée et de hauts taux d’intérêt.”

Pour autant, bien qu’il soit de gauche, “Lula n’a jamais été un communiste ou même un marxiste”, rappelle Americas Quarterly. Lors de son premier mandat, avant d’appliquer ses programmes sociaux, il a ainsi mené des “politiques budgétaire et monétaire très conservatrices”, “la confiance des entreprises [est] montée en flèche, les investissements ont afflué, et le Brésil a tiré le meilleur parti du boom des matières premières [provoqué par la demande de] la Chine à l’époque”.

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