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Interpellation de Mahjoub Mahjoubi: ce que contient l'arrêté d'expulsion de l'imam

Un arrêté d'expulsion notifié lors de son interpellation. L'imam Mahjoub Mahjoubi a été arrêté ce jeudi 22 février à son domicile de Bagnols-sur-Cèze (Gard), en vue d'être placé en centre de rétention en région parisienne, a appris BFMTV auprès de son entourage familial.

Dans l'arrêté d'expulsion signé par le ministre de l'Intérieur et que BFMTV a pu consulter, il est notamment reproché à l'imam d'avoir tenu des propos polémiques dans ses prêches du 2, 9 et 16 février 2024 au sein de la mosquée Ettaouba de Bagnols-sur-Cèze.

Des prêches qui ont "véhiculé une conception littérale, rétrograde, intolérante et violente de l'islam, de nature à encourager des comportements contraires aux valeurs de la République, la discrimination à l'égard des femmes, le repli identitaire, les tensions avec la communauté juive et la radicalisation jihadiste".

Sur les femmes, les autorités estiment qu'il les présente de façon réitérée "comme étant inférieures, faibles et vénales, devant être guidées et contrôlées par les hommes, et pouvant être séquestrées au nom de la religion", peut-on lire dans l'arrêté.

"L'expulsion de M. Mahjoubi présente ainsi un caractère d'urgence absolue", peut-on lire dans l'arrêté.

"Un caractère de gravité certaine"

Sur la communauté juive, les autorités lui reprochent d'avoir, dans ses prêches, désigné les juifs comme des "alliés de l'Antéchrist", ennemis "historiques" des musulmans.

"Il y aura avant une autre guerre entre nous et ceux qui exterminent nos frères à Gaza et en Palestine", a ainsi dit l'imam Mahjoubi, selon les autorités, qui estiment qu'un "tel discours est de nature à attiser gravement les tensions entre communautés au sein de la société française, ce que l'intéressé ne peut ignorer".

Et enfin, les autorités estiment également que Mahjoub Mahjoubi a fait l'apologie du jihad, en regrettant par exemple dans son prêche du 2 février que "les mosquées ne produisent pas plus de combattants comme au temps du prophète".

"Considérant (...) la prégnance d'une menace terroriste particulièrement élevée, les propos appelant à la haine envers les Juifs et Israël et faisant l'apologie du jihad revêtent un caractère de gravité certaine puisqu'ils peuvent inciter des adeptes de l'intéressé à passer à l'acte violent", peut-on lire dans l'arrêté.

Me Samir Hamroun, avocat de Mahjoub Mahjoubi, a affirmé que son client "est abasourdi, bouleversé" par son interpellation qu'il souhaite "contester cette procédure" en déposant un recours contre l'arrêté d'expulsion.

Article original publié sur BFMTV.com