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Expulsion de Mahjoub Mahjoubi: l'avocat de l'imam annonce qu'il va contester l'arrêté

L'imam est "bouleversé", selon son avocat. Mahjoub Mahjoubi, l'imam de Bagnols-sur-Cèze, dans le Gard, a été interpellé en début d'après-midi ce jeudi 22 février en vue de son placement en centre de rétention administrative, a appris BFMTV auprès de son entourage familial. Un arrêté d'expulsion signé du ministre de l'Intérieur lui a été notifié lors de son interpellation.

Gérald Darmanin avait déjà déclaré son intention de demander cette expulsion, estimant que les prêches de l'imam tunisien remettent "fondamentalement en cause les valeurs" de la République et constituent des "appels à la haine". Étaient notamment visés des propos tenus dans une vidéo où il qualifie le "drapeau tricolore" - sans préciser s'il parle du drapeau français - de "drapeau satanique" qui n'a "aucune valeur auprès d'Allah".

L'imam veut contester la procédure

Sur BFMTV, son avocat, Me Samir Hamroun, a affirmé ce jeudi que l'imam "est abasourdi, bouleversé". "Cette interpellation a eu lieu en face d'enfants mineurs. Ils sont dans un état de détresse qui est difficilement explicable", a-t-il poursuivi. La famille est dans "un état de détresse indescriptible", a encore déclaré l'avocat.

Celui-ci a annoncé qu'il souhaite "contester cette procédure". "Ce recours aura pour but de suspendre la décision de Monsieur le ministre de l'Intérieur et de la renvoyer au fond, qui sera étudié dans plusieurs mois", a précisé Me Hamroun.

L'avocat veut "démontrer qu'il n'y a pas d'urgence à expulser Monsieur Mahjoubi et qu'on doit lui laisser le temps de demeurer en France pour s'expliquer sur le fond des propos qui lui sont reprochés notamment".

"Aucun lien avec la radicalisation"

En effet, depuis plusieurs jours, l'imam nie avoir tenu des "propos violents, discriminants, contraires aux valeurs de la République, tenus dans ce prêche (dans la vidéo, NDLR) ou dans d'autres prêches", a rappelé son avocat.

Mahjoub Majoubi a déclaré avoir fait un "lapsus", voulant parler de drapeaux "multicolores" et pas "tricolores". "Il parle bien de drapeaux au pluriel, il critique le nationalisme de manière très maladroite", a expliqué son avocat sur BFMTV ce jeudi, qui "conçoit" que ce propos "peut être très dérangeant pour nos compatriotes".

Gérald Darmanin avait indiqué dimanche avoir demandé au préfet du Gard, Jérôme Bonet, de signaler "les propos de l'imam au procureur de la République". Lundi, le parquet de Nîmes a ouvert une enquête préliminaire pour apologie du terrorisme. Cet imam fait l'objet d'un suivi depuis plusieurs mois, a insisté le préfet, évoquant une "mosquée à la dérive".

De son côté, Me Samir Hamroun a affirmé jeudi que les prêches de l'imam n'ont "aucun lien avec la radicalisation, le trouble à l'ordre public".

Article original publié sur BFMTV.com