En Indonésie, des ripoux au cœur d’un trafic d’armes avec les indépendantistes papous

PHOTO DONAL HUSNI/NurPhoto via AFP

“Au lieu de maintenir la paix, des membres de la police et de l’armée nationales, versés dans le commerce illégal d’armes, ont contribué à aggraver le violent conflit sur la Terre de l’oiseau de paradis”, nom désignant poétiquement la Papouasie où cet oiseau est endémique, souligne Koran Tempo.

Selon le quotidien, ce commerce s’est avéré particulièrement lucratif. Au marché noir, une arme de poing coûte entre 1 000 et 7 000 euros selon les modèles. Un fusil d’assaut M16 ou M4 peut se négocier à plus de 22 000 euros. “Le plus navrant, c’est qu’une des sources des fonds utilisées pour acheter ces armes provient du détournement de l’allocation d’aide aux villageois papous.”

Selon l’Alliance de la démocratie pour la Papouasie (AIDP), la valeur de ces transactions s’élèverait, sur ces dix dernières années, à plus de 1,5 million d’euros. Cette association installée à Jayapura, la capitale régionale de la Papouasie indonésienne, note que sur les 50 trafiquants arrêtés sur cette période, 14 étaient des membres de la police ou de l’armée.

Leur nombre est bien plus important, affirme Koran Tempo : “Lors des procès, les juges hésitent encore à révéler l’identité des personnes véritablement impliquées, alors que le numéro de série des armes à feu confisquées pourrait être facilement utilisé comme moyen d’enquêter sur l’origine de la contrebande.”

Une lutte vieille de plus de cinquante ans

Mais le 22 août, 6 membres de l’armée indonésienne ont été inculpés pour avoir tué 4 civils papous, puis mutilé leurs corps qu’ils ont jetés dans une rivière. Ils ont été arrêtés avec 250 millions de roupies (environ 17 000 euros) en liquide sur eux, le pactole que les victimes s’apprêtaient à leur verser contre des armes de contrebande. “La police a affirmé que ces militaires avaient fait semblant de vendre des armes à feu à ces civils, dont l’un d’eux était soi-disant un combattant de l’Armée de libération nationale de la Papouasie occidentale (OPM)”, rapporte le quotidien.

L’OPM se bat pour l’indépendance de la Papouasie occidentale depuis que l’Indonésie a intégré cette province à son territoire, en 1969, par un référendum biaisé, dit Acte de libre choix, validé par l’ONU.

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