Henri Proglio, les confidences d’un initié

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L'ancien patron de Veolia et d’EDF, Henri Proglio, dénonce la politique du gouvernement qui brade nos trésors industriels.

On le croyait disparu dans les vestiges de l’ancien monde. Henri Proglio, l’ex-dirigeant d’EDF et de Veolia, ce géant du traitement de l’eau et des déchets, le patron le plus singulier du Cac 40, heurtait les standards macroniens. Son seul nom charriait tant de puissance ombrageuse, d’affaires sensibles, de réseaux indéchiffrables de tous bords, même une proximité affective avec Jacques Chirac, qu’il charma dès la Mairie de Paris, puis Nicolas Sarkozy. Un caméléon brillant, aussi craint que respecté par ses troupes, un dur à cuire, clanique, incontrôlable. Sitôt nommé à Bercy, Emmanuel Macron préféra s’en débarrasser, s’opposant à son renouvellement à la présidence d’EDF, puis à sa nomination à la tête de Thales. Proglio courba l’échine, après avoir soufflé à un conseiller : « Dites au ministre d’aller se faire foutre. » C’était il y a six ans.

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Le voilà de retour avec un livre, inattendu pour un homme qui n’a jamais aimé se raconter au point de stopper plusieurs projets de biographie. Celle-ci, il l’a voulue, ciselée, sous la plume admirative d’un ancien collaborateur d’EDF, Pierre Abou. Trois cents pages pour retracer son parcours de fils d’immigrés italiens, marchands de fruits et légumes à Antibes, élevé en fusion avec René, son jumeau, entré après HEC à la Compagnie générale des eaux, préposé « aux ordures », comme il s’en amuse, secteur peu reluisant mais stratégique qu’il propulsa au rang de leader mondial, sous le nom de Veolia, avant d’être nommé, en 2009, à la tête d’EDF.

L’ouvrage s’intitule « Les joyaux de la couronne » (éd. Robert Laffont) en hommage à ces bijoux qu’il estime aujourd’hui en péril. Henri Proglio ne pouvait rêver meilleur timing, alors que(...)


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