Guerre en Ukraine : La Russie installe en plein Moscou des systèmes de défense antiaérienne

Plusieurs médias ont révélé que la Russie avait installé des systèmes de défense anti-aériens sur les toits de Moscou et aux abords de la capitale russe (photo d’illustration d’un Pantsir-S1 prise en décembre 2015 en Syrie).
PAUL GYPTEAU / AFP Plusieurs médias ont révélé que la Russie avait installé des systèmes de défense anti-aériens sur les toits de Moscou et aux abords de la capitale russe (photo d’illustration d’un Pantsir-S1 prise en décembre 2015 en Syrie).

GUERRE EN UKRAINE - La guerre est-elle en train de changer à tel point que Moscou craint des représailles jusqu’au cœur de son territoire ? Alors que les alliés de l’Ukraine se réunissent ce vendredi 20 janvier à Ramstein, en Allemagne, pour discuter des armes qu’ils vont fournir, la Russie, elle, semble se préparer à être attaquée.

Différents spécialistes de l’Osint (l’investigation en sources ouvertes, c’est-à-dire à partir d’images et de documents disponibles sur Internet) ont pu confirmer ces dernières heures que des équipements de défense antiaérienne avaient été installés sur les toits de la capitale russe, pourtant située à 500 kilomètres des lignes de front. Une nouvelle sur laquelle Moscou refuse pour l’heure de se prononcer, alors même que les médias locaux -alignés sur la ligne du Kremlin- ont relayé l’information.

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

Mais comme l’ont donc révélé plusieurs comptes et médias de référence, des batteries de type Pantsir-S1 ont ainsi été montées au sommet du bâtiment principal de la Défense comme d’un immeuble abritant le département de l’Éducation du district de Moscou, tout près du Kremlin. D’autres ont enfin été aperçues et filmées aux abords de « Roublevka », la riche banlieue ouest de la capitale où réside Vladimir Poutine.

La crainte de frappes menées par des drones

Une manœuvre loin d’être anodine tant le Pantsir-S1 est un engin imposant. Il s’agit d’un lourd véhicule surmonté de plusieurs canons, et il a donc fallu que les autorités russes mobilisent des grues géantes pour hisser ces camions surarmés sur le toit d’immeubles.

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.
Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

Or en se penchant sur les capacités d’un tel engin, difficile de voir dans une telle manœuvre autre chose que l’anticipation de possibles -bien qu’improbables- frappes. En effet, le Pantsir-S1 est avant tout utilisé pour lutter contre des avions de combat, des hélicoptères et des missiles de croisière. Et pourraient potentiellement l’être face à des drones de longue portée, comme ceux récemment testés avec succès par les troupes ukrainiennes.

Éviter d’être pris de court

Des appareils capables de frapper à mille kilomètres de leur point de départ, donc largement capables d’atteindre Moscou depuis une zone sous contrôle ukrainien. En l’occurrence, c’est déjà grâce à des drones que Kiev a tenté, en décembre, de mener des frappes contre des bases ennemies largement à l’intérieur du territoire russe. À l’époque, la base aérienne d’Engels, à 600 kilomètres de la frontière avait été visée.

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

Dès lors, comme l’écrit le Guardian, la question est de savoir à quoi la Russie se prépare réellement. S’agit-il d’une simple manière de montrer les muscles dans le contexte du sommet de Ramstein, d’un manège dicté par la paranoïa des dirigeants du Kremlin ou d’une réponse à de véritables menaces venues d’Ukraine ?

« Cela veut dire que le pouvoir comprend à la perfection les risques actuels et qu’il sait très bien que des frappes contre Moscou et sa région ne sont plus qu’une question de temps, analyse dans le Guardian Alexander Kots, un journaliste russe favorable à Moscou. Ils ont bien raison de se préparer autant en amont plutôt que d’attendre les premières frappes. »

Des allégations sur lesquelles Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, a refusé de se prononcer, renvoyant la balle aux militaires. « Ils sont chargés d’assurer la sécurité du pays en général et de la capitale en particulier, il est donc préférable d’interroger le ministère de la Défense sur toutes les mesures qui sont prises », a-t-il déclaré ce vendredi 20 janvier au cours d’une conférence de presse. Lequel ministère n’a pour l’heure pas commenté.

Menaces russes

Cette installation de batteries antiaériennes intervient quoi qu’il arrive une séquence du conflit où Moscou a multiplié les frappes contre des cibles civiles, faisant par exemple des dizaines de morts dans un immeuble d’habitation de Dnipro. Peut-être dès lors que la Russie craint d’être visée de la manière par le pays qu’elle a envahi en février dernier, dans une « opération spéciale » qu’elle imaginait boucler avec succès en trois jours ?

Vous ne pouvez pas visionner ce contenu car :

  • Vous avez refusé les cookies associés aux contenus issus de tiers en vous abonnant. Vous ne pourrez donc pas lire nos vidéos qui ont besoin de cookies tiers pour fonctionner.

  • Vous utilisez un bloqueur de publicité. Nous vous conseillons de le désactiver afin d’accéder à nos vidéos.

Si vous n'êtes dans aucun de ces deux cas, contactez-nous à aide@huffingtonpost.fr.

Alors que l’Occident réfléchit à l’envoi de chars lourds et que Kiev a déjà obtenu des systèmes anti-missiles perfectionnés, Moscou craint en tout cas réellement de voir l’Ukraine reprendre la main face à son invasion. « La défaite d’une puissance nucléaire dans le contexte d’une guerre nucléaire pourrait dégénérer en une guerre nucléaire », a par exemple récemment mis en garde Dmitry Medvedev, l’ancien président et Premier ministre russe désormais haut placé au Conseil de sécurité de Russie.

Une chose est sûre en tout cas : cette installation de systèmes de défense antiaérienne vient contredire certains propos récents de Sergueï Lavrov, le ministre de la Défense russe. « L’Ukraine déploie ses systèmes de défense antiaérienne dans des zones habitées au mépris de toutes les lois de la guerre et humanitaires », accusait-il récemment. Une manière de dire que les Ukrainiens, en installant de tels systèmes dans des zones habitées par des civils, cherchaient à accuser leur adversaire de viser la population si celui-ci avait tenté de les détruire. Et la Russie de finir par faire exactement la même chose.

À voir également sur le HuffPost :

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

Lire aussi