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Guerre en Ukraine: le Premier ministre polonais estime que l'Europe est dans une "ère d'avant-guerre"

"Je ne veux effrayer personne, mais la guerre n'est plus un concept du passé". Dans une interview donnée à plusieurs médias, dont la BBC et Politico, le Premier ministre polonais Donald Tusk a appelé les Européens à une prise de conscience face à la guerre en Ukraine, alors que la Russie frappe massivement le réseau énergétique ukrainien cette semaine.

"Je sais que cela semble dévastateur, surtout pour les jeunes générations, mais nous devons nous habituer mentalement à l'arrivée d'une nouvelle ère", a-t-il déclaré. "L'ère d'avant-guerre. Je n'exagère pas. Cela devient de plus en plus évident chaque jour", a insisté le chef de gouvernement, de retour aux affaires de son pays depuis décembre dernier.

"Un long chemin à parcourir"

Selon l'ancien président du Conseil européen, "l'Europe a encore un long chemin à parcourir", notamment concernant le budget alloué à la défense. "Nous devons dépenser autant que possible pour acheter des équipements et des munitions pour l'Ukraine, car nous vivons le moment le plus critique depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale", a-t-il estimé.

Selon Donald Tusk, "si l'Ukraine perd, personne en Europe ne pourra se sentir en sécurité".

S'il juge la réaction européenne trop lente, le dirigeant polonais dit toutefois "observer les changements qui se produisent dans toutes les capitales d'Europe". "Lorsque j'étais Premier ministre pour la première fois (de 2007 à 2011, NDLR), personne à part [...] les États baltes n'a prêté attention à mes avertissements selon lesquels la Russie pourrait être une menace", a-t-il déclaré.

Alors que le Kremlin lie l'attentat de Moscou à l'Ukraine, Donald Tusk a aussi mis en garde contre la volonté de Vladimir Poutine de "justifier des attaques de plus en plus violentes contre des cibles civiles en Ukraine".

Le Premier ministre polonais est par ailleurs brièvement revenu sur la violation de l'espace aérien de son pays par un missile russe, dimanche 24 mars, évoquant un "incident troublant". L'ambassadeur de Russie en Pologne avait ignoré lundi la convocation officielle des autorités polonaises, jugeant "absurde" d'en discuter faute de "preuves".

Article original publié sur BFMTV.com