Guerre en Ukraine : L’exportation de céréales ukrainiennes bloquée par la Russie

This hand out photo taken and released by the World Food Programme (WFP) on August 30, 2022 in Djibouti shows the MV Brave Commander that reached the port of Djibouti with 30,000 MT wheat grain for the Ethiopia operation. - A UN-chartered ship loaded with 23,000 tonnes of Ukrainian wheat destined for millions of hungry people in Ethiopia arrived in neighbouring Djibouti on August 30, 2022.
The bulk carrier MV Brave Commander docked in the Horn of Africa port city two weeks after leaving a Black Sea port in Ukraine, the UN's World Food Programme said.
HUGH RUTHERFORD / AFP This hand out photo taken and released by the World Food Programme (WFP) on August 30, 2022 in Djibouti shows the MV Brave Commander that reached the port of Djibouti with 30,000 MT wheat grain for the Ethiopia operation. - A UN-chartered ship loaded with 23,000 tonnes of Ukrainian wheat destined for millions of hungry people in Ethiopia arrived in neighbouring Djibouti on August 30, 2022. The bulk carrier MV Brave Commander docked in the Horn of Africa port city two weeks after leaving a Black Sea port in Ukraine, the UN's World Food Programme said. "We have officially docked! The first WFP ship to carry Ukrainian grain since February has just arrived in Djibouti," WFP executive director David Beasley said on Twitter. (Photo by Hugh RUTHERFORD / WFP / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO/WFP/Hugh Rutherford " - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS

CRIMÉE - Le fragile accord a-t-il déjà fait long feu ? Le transport de céréales ukrainiennes était bloqué dimanche en Mer Noire après que la Russie a suspendu l’accord sur leur exportation, vitales pour l’approvisionnement alimentaire mondial.

Moscou a assuré que cette décision a été prise après une attaque de drones sur ces navires, mais l’Ukraine a dénoncé « un faux prétexte » et appelé à faire pression pour que la Russie « s’engage à nouveau à respecter ses obligations » pour cet accord conclu en juillet sous égide de l’ONU et de la Turquie, le seul entre Moscou et Kiev depuis le début du conflit.

Le Centre de coordination conjointe (JCC) chargé de superviser cet accord a confirmé qu’aucun mouvement de cargos n’avait été validé pour la journée de dimanche. Neuf cargos ont pu emprunter samedi le corridor maritime en Mer Noire et « plus de dix autres » sont prêts à en faire autant dans les deux sens, précise le Centre.

La décision « ne date pas d’aujourd’hui »

Dans sa vidéo quotidienne postée sur internet, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé que la décision russe « ne datait en fait pas d’aujourd’hui ». « La Russie a commencé à aggraver la pénurie mondiale de nourriture en septembre, quand elle a commencé à bloquer les mouvements des navires transportant nos productions agricoles », a-t-il affirmé.

« Il s’agit d’une intention transparente de la Russie de faire peser à nouveau le spectre d’une famine à grande échelle en Afrique et en Asie », a ajouté le président ukrainien. Selon lui, au moins 176 navires transportant plus de deux millions de tonnes de céréales étaient déjà bloqués par Moscou. « Une réponse internationale vigoureuse est nécessaire. Au niveau de l’ONU et en particulier au niveau du G20 », auquel la Russie ne devrait plus être admise, a-t-il ajouté.

L’appel de l’UE

Le président américain Joe Biden a jugé « scandaleuse » la décision de la Russie. « C’est juste scandaleux. Il n’y avait aucune raison pour eux de faire cela », a-t-il déclaré à la presse après avoir voté par anticipation aux élections de mi-mandat dans son fief de Wilmington, dans le Delaware (est).

L’UE « exhorte la Russie à revenir sur sa décision », a déclaré dimanche dans un tweet le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell. Cette décision « met en danger la principale voie d’exportation de céréales et engrais dont on a besoin pour répondre à la crise alimentaire mondiale provoquée par la guerre » en Ukraine, a-t-il insisté. L’ONU, garant de l’accord, a appelé à le préserver, soulignant qu’il avait un « impact positif » pour l’accès à l’alimentation de millions de personnes à travers le monde.

L’accord céréalier a permis l’exportation de millions de tonnes de céréales coincées dans les ports ukrainiens depuis le début du conflit en février. Ce blocage avait provoqué une flambée des prix alimentaires, faisant craindre des famines.

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