Guerre en Ukraine: derrière les barreaux, les images d'un camp de prisonniers russes et ukrainiens

Des prisonniers de guerre russes et ukrainiens dans un camp en Ukraine, dont le lieu exacte est préservé, diffusé le 18 juillet 2022 - BFMTV
Des prisonniers de guerre russes et ukrainiens dans un camp en Ukraine, dont le lieu exacte est préservé, diffusé le 18 juillet 2022 - BFMTV

Derrière les portes d'un camp de prisonniers de guerre. Capturés après avoir servi dans l'armée russe, des hommes racontent anonymement leur quotidien dans un camp de prisonniers ukrainiens et les raisons qui les ont amenés dans le camp, dans un document exceptionnel pour les caméras de BFMTV, cinq mois après le début de l'invasion russe en Ukraine. Le lieu exact de ce centre n'est volontairement pas donné pour des raisons de sécurité.

Depuis des semaines, voire des mois, des Russes, mais aussi des Ukrainiens, sont enfermés dans un camp de prisonniers en Ukraine, après avoir été arrêtés par les forces de Kiev.

"J'ai été capturé dans la ville de Roubijne (dans l'est de l'Ukraine ndlr). (...) J'ai été pris dans des tirs croisés entre les forces armées ukrainiennes et celles de Lougansk", raconte l'un d'eux, vêtu d'une casquette et d'une simple blouse grises comme tous ses congénères.

Après une période de transit dans un lieu de captivité situé à proximité de la ligne de front, les prisonniers ont connu de nombreuses étapes avant de rallier leur destination finale.

"Interrogatoire, transfert, interrogatoire, transfert, un centre de détention provisoire, puis un autre", énumère un captif.

"Pas de conditions luxueuses"

Le quotidien des prisonniers est rythmé par le travail manuel. Certains fabriquent notamment des palettes en bois. Il leur est également possible de pratiquer des activités sportives et de suivre des cours. La pratique religieuse est par ailleurs autorisée dans l'enceinte du camp.

Les conditions de vie sont sommaires. Les prisonniers dorment dans de vastes dortoirs où s'allignent des dizaines de lits dans une pièce aux murs blancs équipée du strict minimum. Chacun dispose d'une couche qui lui est attribuée avec sa photo et son nom. Quelques menus effets personnels peuvent être déposés à ses pieds.

Un prisonnier de guerre coûte environ 3000 grivnas par mois à l'État ukrainien, soit l'équivalent d'une centaine d'euros.

"Ce ne sont pas des conditions luxueuses", reconnaît la ministre adjointe de la Justice ukrainienne Olena Vysotska. "Mais ce sont les normes de la convention de Genève et c'est ce qu'un pays impliqué dans une guerre peut se permettre", assure-t-elle.

Des prisonniers au rôle mineur dans le conflit?

Concernant les raisons de leur incarcération, la plupart des prisonniers affirment n'avoir joué que des rôles mineurs dans le conflit ukrainien. L'un se déclare mécanicien, l'autre chauffeur de véhicule militaire. Beaucoup reconnaissent cependant avoir été sous contrat avec l'armée russe.

"J'étais peintre automobile, mais à cause de la maladie, j'ai dû arrêter et un de mes amis m'a proposé d'être chauffeur. (...) On m'a dit qu'il n'y aurait rien de lié à la guerre (...), alors j'ai accepté", se justifie l'un deux.

Si certains d'entre eux pourrait être utilisés comme monnaie d'échange avec l'armée russe, d'autres passeront peut-être des années en captivité.

Article original publié sur BFMTV.com

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