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Grève des enseignants: 47% de grévistes dans les collèges et les lycées, la plus forte mobilisation depuis 2022

La grève pour protester contre les conditions de travail des enseignants est particulièrement suivie ce jeudi. 55% des professeurs ont débrayé dans les collèges. Une mauvaise nouvelle pour la nouvelle ministre Amélie Oudéa-Castéra qui peine à sortir de la polémique sur la scolarisation de ses enfants dans le privé.

Un beau chiffre pour les syndicats enseignants: 47% d'entre eux font grève ce jeudi 1er février dans les collèges et lycées, selon le syndicat du secondaire SNES-FSU. Le ministère donne, lui, le chiffre de 20,26% de participation.

Les professeurs étaient appelés à manifester pour défendre leurs conditions de travail, sujets auxquels s'ajoute la défense de l'école publique après les déclarations polémiques de la ministre de l'Éducation interrogée sur la scolarité de ses enfants dans le privé.

Le mouvement est particulièrement suivi dans les collèges avec 55% de grévistes d'après le SNES-FSU. C'est la plus forte mobilisation enregistrée depuis les manifestations contre Jean-Michel Blanquer en 2022.

Des chiffres de mobilisation au-dessus des prévisions

À Paris, une manifestation partira à 14 heures du Luxembourg (6e arrondissement) en direction du ministère de l'Éducation nationale (7e), à l'appel des principaux syndicats enseignants. Des manifestations sont annoncées dans de nombreuses autres villes.

Preuve de l'ampleur de la grogne: le nombre de professeurs qui ont choisi de manifester leur colère dépasse les espérances des centrales. Le FSU-SNUipp, l'un des syndicats les plus importants dans le monde enseignant, tablait mercredi soir sur "une moyenne de 40% de grévistes sur le territoire".

Les professeurs espèrent lancer "un avertissement au gouvernement", qui "reste sourd". "La situation s'est aggravée avec la nomination d'une ministre à temps partiel qui s'est discréditée dès ses premières prises de parole en attaquant l'école publique, laïque et gratuite", indique le syndicat dans un communiqué mardi soir.

Une ministre engluée dans la polémique sur l'école privée

Ce qui a mis "le feu aux poudres", "ce sont les propos de la nouvelle ministre qui a malmené l'école publique dès son arrivée avec des mensonges notamment", pointe encore Guislaine David, secrétaire générale du FSU-Snuipp. "Pour certains, ça a été un élément déclencheur pour se mobiliser".

La ministre de l'Éducation, de la Jeunesse, des Sports et des Jeux olympiques et paralympiques Amélie Oudéa-Castéra a fait l'objet de vives critiques pour son choix de scolariser ses enfants dans le privé, justifiant celui-ci par "un paquet d'heures non remplacées" dans l'école publique de son fils aîné - une défense contestée par une enquête de Libération et Mediapart.

Des groupes de niveaux qui inquiètent

Au-delà du cas de la nouvelle locataire de la rue de Grenelle, les inquiétudes des professeurs sont vives à l'approche des préparatifs de la rentrée de septembre prochaine.

Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CFDT s'inquiète ainsi d'une "déstabilisation majeure" avec la mise en place de groupes de niveaux en français et en maths pour la rentrée, annoncés par l'ex-ministre de l'Éducation Gabriel Attal, dit-elle.

Article original publié sur BFMTV.com

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