Grève du 19 janvier contre la réforme des retraites : à quoi s’attendre ?

(FILES) In this file photo taken on April 11, 2019 A man waves a French workers' union CGT flag during a march in Paris, as part of a countrywide day of demonstration called by nine retired people unions and organisations to protest against the government policy and for pensions revaluation. - Retirement age, special schemes, employment of seniors, long careers and hardship... the pension reform is highly contested even before its presentation on January 10, 2023. (Photo by Thomas SAMSON / AFP)
THOMAS SAMSON / AFP (FILES) In this file photo taken on April 11, 2019 A man waves a French workers' union CGT flag during a march in Paris, as part of a countrywide day of demonstration called by nine retired people unions and organisations to protest against the government policy and for pensions revaluation. - Retirement age, special schemes, employment of seniors, long careers and hardship... the pension reform is highly contested even before its presentation on January 10, 2023. (Photo by Thomas SAMSON / AFP)

RETRAITES - Une réponse commune qui devrait d’avoir de multiples répercussions pour les Français. La promesse des organisations syndicales « d’une puissante mobilisation dans la durée » prendra forme dès ce jeudi 19 janvier. Il s’agit en effet du premier rendez-vous fixé par les organisations syndicales pour faire montre de leur opposition au projet de réforme des retraites présenté par le gouvernement d’Élisabeth Borne.

L’appel massif à la grève des principaux syndicats français (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, Solidaires, FSU) devrait ainsi se traduire par différents mouvements sociaux, au sein des secteurs des transports, de l’énergie, de l’éducation ou de la santé.

Dans le Journal du dimanche publié ce 15 janvier, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel a exhorté « un million » de Français « à déferler dans la rue » jeudi. Une volonté partagée par la CGT et Philippe Martinez, qui a confié sur France 3 que son syndicat ferait « tout pour » atteindre ce nombre symbolique et appelle « les entreprises publiques et privées » à se joindre au mouvement.

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Un défi de taille pour le gouvernement, qui appelle déjà certains secteurs à éviter la mobilisation afin de « ne pas pénaliser les Français ». Dans le viseur des autorités, on retrouve notamment la branche pétrole, où les syndicats ont relayé l’appel à la grève et se projettent déjà au-delà de la journée de mobilisation nationale. Au point qu’ils semblent vouloir inscrire le mouvement dans la durée. Voici donc ce qui vous attend pour la journée de jeudi :

  • SNCF et RATP, même combat

À la SNCF comme à la RATP, les syndicats des entreprises de transport ont clairement fait part de leur détermination pour la journée du 19 janvier. Directement concernés par cette réforme, les salariés de la SNCF et de la RATP veulent bloquer une partie des rails de l’Hexagone.

Du côté de la SNCF, déjà secouée par des mouvements de grève en fin d’année 2022, le message de l’intersyndicale (CGT-Unsa-SUD-CFDT) est clair : les représentants des salariés « sont prêts à lancer la bataille nécessaire » et appellent dans un communiqué « à une grève puissante » dans le rail.

À la RATP, où 40 000 salariés sont soumis au régime spécial de retraite que le gouvernement entend réformer, les syndicats CGT, FO, Unsa et CFE-CGC ont aussi fait savoir qu’ils étaient « prêts » à s’y opposer.

Mais d’autres fédérations appellent elles aussi à la mobilisation. FO-Transports et logistique, qui rassemble les routiers, les ambulanciers, les chauffeurs de car ou les transporteurs de fonds, veut aussi aller « au bout du possible dans ce combat ». À ce titre, la fédération souhaite lancer un mouvement « en illimité » à partir du 19 janvier pour préparer « la riposte massive et dure ».

Il est trop tôt pour connaître l’ampleur des perturbations prévues cette semaine à la SNCF et la RATP, les entreprises communiquant généralement quelques heures avant le début du mouvement. Toutefois, la CGT-RATP assure auprès du Figaro que l’objectif attendu « est d’atteindre le zéro transport ». Des prévisions de transports seront communiquées à la veille du mouvement de grève, le mercredi 18 janvier, ont fait savoir la SNCF et la RATP.

  • Le transport aérien probablement impacté

Du côté des aéroports, des avions risquent de rester cloués au sol. Si là encore, il est trop tôt pour prédire l’ampleur de l’impact de la grève sur le trafic aérien, certains syndicats du secteur de l’aviation ont répondu présent à l’appel de l’intersyndicale.

C’est ainsi le cas d’un des syndicats de la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGCA), l’USACcgt, qui a d’ores et déjà déposé un préavis de grève. « L’USACcgt appelle les personnels DGAC à la grève dès la première journée d’action annoncée le 19 janvier par l’ensemble des centrales syndicales. Alors tous concernés, tous mobilisés », indique un de leur tract.

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De leur côté, les syndicats de personnel navigant commercial (PNC), qui regroupe les stewards et les hôtesses de l’air, ont aussi appelé leurs adhérents à se joindre à la grève, précise Le Parisien. Le quotidien indique également que le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), tenté par le mouvement, « consulte » pour l’instant ses adhérents. « Que ce soit le 19 ou à un autre moment, nous nous mobiliserons contre cette réforme injuste », prévient le syndicat.

  • Les raffineries en grève ?

Dans le secteur de l’énergie, lui aussi concerné par le projet de réforme des retraites, la filière pétrole a d’ores et déjà fait savoir qu’elle se projetait au-delà du 19 janvier. Ainsi, le syndicat CGT de la branche pétrole prévoit des grèves les 19 et 26 janvier pour une durée de 24 puis 48 heures, ainsi que le 6 février pour 72 heures. « L’arrêt des installations de raffinage » est envisagé, selon un communiqué diffusé par Éric Sellini, coordinateur national du syndicat pour TotalEnergies.

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De quoi entraîner des « baisses de débit » et des arrêts dans l’expédition des carburants a confirmé Éric Sellini à l’AFP. De quoi rappeler des souvenirs, après la vaste mobilisation pour une augmentation des salaires qui a eu lieu dans les raffineries et les dépôts de pétrole en fin d’année 2022. Ce qui avait provoqué d’importantes difficultés d’approvisionnement pour les automobilistes, mais pas que.

Pour le reste du secteur de l’énergie, les précisions ne seront rendues publiques que lundi soir lors d’une réunion de l’ensemble des fédérations du secteur, regroupant notamment les secteurs du gaz et de l’électricité.

« On ne peut pas se dire qu’en une journée, le 19, le gouvernement va faire machine arrière et retirer son projet, donc forcément derrière, il y aura d’autres actions », a indiqué à l’AFP Frédéric Ben, responsable du secteur gaz à la FNME-CGT, prévoyant déjà des blocages sur les sites de stockage de gaz.

  • L’éducation et la santé mobilisées

Comme en 2019, lors de la précédente réforme, le secteur de l’éducation devrait également suivre le mouvement, surtout du côté des enseignants. « Ils sont assez revendicatifs », prévient d’ailleurs Cyril Chabanier, président de la CFTC, auprès du Figaro.

Là encore, difficile de connaître l’ampleur exacte du mouvement (des professeurs commencent tout de même déjà à prévenir les élèves de leur absence le 19), même si les lycées professionnels donnent le ton. Au cœur d’une autre réforme controversée du gouvernement, les enseignants des lycées professionnels devraient logiquement répondre en nombre à l’appel à la mobilisation générale. De quoi provoquer des fermetures de classes, voire des fermetures complètes de lycées professionnels.

Toutefois, une mobilisation est également prévue le mardi 17 janvier dans l’éducation, à l’initiative de la FSU, première fédération syndicale enseignante en France. « La FSU maintient le préavis de grève sur le 17 pour permettre aux collègues de s’engager par la grève dans cette journée du 17, mais ne fait pas de la grève la modalité principale de cette journée », a fait savoir la fédération.

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Une sorte de prélude à la journée 19 janvier, pour « les salaires, la voie professionnelle et les conditions de travail dans l’éducation », comme l’indique la FSU sur son site internet, qui appelle aussi à la grève le 19 janvier, aux côtés des autres syndicats.

Autres secteurs à ne pas négliger jeudi prochain : ceux de la santé et de la fonction publique. Forte de nombreuses revendications, la santé pourrait en effet se joindre à la manifestation, d’autant plus que les réponses apportées par Emmanuel Macron ne semblent pas avoir convaincu à ce stade.

Cependant, le mouvement pourrait être moindre qu’ailleurs, puisque le droit de grève dans les hôpitaux de la Fonction Publique Hospitalière requiert, pour assurer un service minimum, un délai d’information pour se déclarer gréviste, soit 24 heures ou 48 heures avant le début effectif de la grève. Concernant le secteur public, qui concerne notamment les enseignants, le droit de faire grève s’applique après le dépôt d’un préavis, au moins 5 jours francs avant le déclenchement de la grève.

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