GHB : les propos d'une policière sur la drogue du violeur font polémique

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Photo d'illustration / Getty

La directrice de la sécurité publique de Meurthe-et-Moselle a sous-entendu que c’est parce qu’elles boivent de l’alcool que des femmes se font droguer au GHB, également appelé la drogue du viol.

Les propos de la directrice de la sécurité publique de Meurthe-et-Moselle font polémique. Lors d'un conseil municipal à Nancy, elle a indirectement culpabilisé les femmes droguées au GHB, également appelé la drogue du violeur.

Ces propos, rapportés par Lorraine-Actu, ont été tenus au conseil municipal de Nancy, le 27 septembre dernier, lorsque le sujet du GHB a été abordé, alors que le nombre de plaintes et de témoignages de femmes victimes de GHB se multiplient dans la ville. Lors du conseil municipal, la directrice départementale de la police nationale de Meurthe-et-Moselle, est interrogée par des élus dont le maire de la ville, Mathieu Klein, sur le sujet.

"C'est une réalité, c'est lié à l'alcool"

Sa première réponse émeut les élus. "Concernant les femmes victimes de GHB , je vais peut être être un peu dure mais je n'ai jamais vu une femme "victime" dans ma carrière de GHB qui buvait de la Badoit ou du Coca. C'est-à-dire que c'est toujours une question d'alcool à la base. Ce sont des affaires qui sont très dures à faire ressortir. Il est très rare que l'on trouve dans les prises de sang des traces de cette drogue. Est-ce que cela a été une réalité ou pas ? On ne le saura jamais. Ce qui est en cause rarement c'est l'alcoolisation et dans ce cas on a le risque de voir mettre dans son verre quelque chose qui va annihiler sa vigilance. C'est un fait, c'est une réalité, c'est lié à l'alcool. Nous avons des enquêtes qui sont engagées sur les derniers faits", explique la directrice de la DDSP.

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Réplique immédiate du maire de Nancy : "nous n’entendons pas faire porter la responsabilité sur des femmes qui boiraient un verre en boîte de nuit la responsabilité d’être chassées par des prédateurs sexuels". Face à ce recadrage, la directrice de la DDSP assure s'être mal exprimée et explique : "Il ne faut pas hurler au GHB quand on a dérapé avec l’alcool. Nous prenons ces affaires très au sérieux (…) mais quand je vois sur les réseaux sociaux qu’on affole tout le monde avec du GHB, attention, ne mélangeons pas tout. Il ne faut pas affoler tout le monde quand on n’a pas de certitude. Le problème de fond au départ c’est l’alcoolisation", rapporte Lorraine Actu.

"Une victime n'est jamais responsable des violences qu'elle subit"

Des propos largement dénoncés, notamment depuis qu'ils ont été relayés par Nous Toutes. "Sous-entendre que c’est parce qu’elles boivent de l’alcool, que des femmes se font droguées au GHB, c’est faire porter la responsabilité de l’agression aux victimes. Une victime n’est JAMAIS responsable des violences qu’elle subit. JAMAIS. Seul l’agresseur l’est", dénonce le collectif féministe.

De nombreux internautes déplorent une culpabilisation des victimes, et pointent du doigt l'inefficacité de la Grande cause du quinquennat, l'égalité entre les Femmes et les Hommes.

Des propos qui interviennent quelques jours après les nombreux témoignages postés avec le hashtag #DoublePeine, qui visent à dénoncer la prise en charge dans les commissariats des plaintes pour violences sexistes et sexuelles, et pointent du doigt un manque de formation des policiers pour recevoir ce type de plaintes.

VIDÉO - Le cerveau sous l'influence des drogues - Épisode 5 : le GHB

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