Finale chaotique de la Ligue des champions: la France sous le feu des critiques internationales

Les autorités françaises pointent du doigt la responsabilité d'une partie des supporters dans les troubles de samedi soir, alors que côté britannique, les témoignages accablent les dysfonctionnements dans l'organisation française.

Supporters massés devant les grilles, resquilleurs en pagaille et interventions musclées de la police avec usage du gaz lacrymogène... La finale de Ligue des champions Liverpool-Real Madrid (0-1) samedi soir au Stade de France (Saint-Denis) a offert des scènes de chaos. La France est depuis pointée du doigt pour les dysfonctionnements dans l'organisation de l'événement, notamment par les Britanniques.

Sans éclipser le 14e sacre européen du Real Madrid, la presse européenne a aussi eu des mots très durs sur les incidents lors de la rencontre, qui ont retardé le coup d'envoi du match de plus de 30 minutes et provoqué des tensions à l'extérieur.

Ce qui passe particulièrement mal, c'est la mise en cause, dès samedi soir par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, de "milliers de supporters britanniques sans billet ou avec des faux billets qui ont forcé les entrées".

Les autorités anglaises dénoncent "la gestion calamiteuse et le traitement brutal"

Côté britannique, on pointe d'abord du doigt la mauvaise organisation française, et on met en avant le calme des supporters anglais depuis samedi. Des officiers de la police de Liverpool, présents comme observateurs lors de tous les déplacements européens, ont indiqué que "l'immense majorité" des supporters anglais "se sont comportés d'une manière exemplaire, arrivant tôt aux tourniquets et faisant la queue" comme demandé.

A la suite des incidents, le club de Liverpool a immédiatement demandé l'ouverture d'une enquête "pour déterminer les causes de ces problèmes inacceptables", et a été appuyé dimanche par le gouvernement britannique.

"Les images et les récits de supporters de Liverpool et des médias sur leur entrée au Stade de France, hier soir, sont profondément inquiétants", a estimé la secrétaire d'Etat à la Culture et aux Sports, Nadine Dorries, dans un communiqué. "Je demande instamment à l'UEFA de lancer une enquête officielle pour savoir ce qui s'est mal passé et pourquoi, en coopération avec le personnel du stade, la police française, la fédération française de football, la police du Merseyside (la région de Liverpool) et le Liverpool FC".

Selon le défenseur de Liverpool Andy Robertson, "à peu près" toutes les familles des joueurs se sont retrouvées prises dans la confusion. Le groupe de supporters de Liverpool Spirit of Shankly a dénoncé sur Twitter des scènes "totalement désordonnées et extrêmement dangereuses".

Le député de Liverpool ouest, Ian Byrne, a avoué avoir vécu "l'une des pires expériences de (sa) vie": "Sécurité horrible et organisation mettant des vies en danger", a-t-il énuméré.

La presse britannique dénonce le "Stade de Farce"

Plus que sur la défaite de Liverpool (1-0), les médias britanniques ont insisté ce weekend sur les graves défaillances constatées. Le tabloïd The Sun est le plus virulent avec un titre en français: "Stade de Farce".

Il publie également le témoignage de Marvin Matip, le frère du défenseur des Reds Joel Matip, qui a raconté avoir dû se réfugier dans un restaurant avec sa femme enceinte pour échapper aux lacrymogènes dispersés dans leur direction. Le Telegraph publie de son côté le récit accablant de Jason Burt, le chef de la rubrique football du journal.

Soulignant les "goulots d'étranglement" vers lesquels étaient dirigés les supporters des Reds pourtant arrivés deux heures et demi avant le coup d'envoi et les contrôles "insupportablement lents", Burt estime que "c'est une honte que l'UEFA ait accusé les supporters d'être arrivés tardivement. C'est tout simplement faux. Ils ont essayé de lancer leur version. Maintenant, ils doivent s'excuser".

"Hordes de barbares" et "chaos"

Du côté espagnol, l'accent est surtout mis sur le 14e titre continental du Real Madrid et les performances de l'infranchissable gardien belge Thibaut Courtois. Mais les incidents de la soirée tiennent également une large place dans les journaux ibériques.

Alfredo Relano, président d'honneur du quotidien sportif As et voix respectée du football espagnol, se montre très sévère dans un éditorial, dénonçant Liverpool et "ses hordes de barbares sans ticket d'entrée" qui "ont créé un scandale sans nom aux portes du stade, qui aurait bien pu provoquer une catastrophe, même si tout est heureusement rentré dans l'ordre avec le retard du coup d'envoi." "Ces faits ne peuvent par rester impunis", a-t-il ajouté.

"Une honte: la finale a débuté avec une demi-heure de retard à cause du chaos aux accès du stade", a affiché le quotidien catalan Sport en bandeau de sa une, dimanche.

Les médias allemands s'interrogent de leur côté sur des défauts d'organisation de l'UEFA: "La soirée du chaos", écrit Bild. En Italie, le Corriere dello Sport revient comme toute la presse italienne sur le "flop de l'organisation" parisienne. "Une mauvaise soirée en conclusion d'une triste saison pour la France, où se sont multipliés dans les stades les problèmes de sécurité et d'ordre public", écrit le journal romain.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Incidents au Stade de France: retour sur le déroulé de la soirée

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