Il faut payer 250 euros pour accéder au parc national de Komodo

“Après les conglomérats, la répression”. Ainsi titre en une le quotidien indonésien Koran Tempo. Le journal illustre son propos par un dessin représentant des manifestants en colère face aux boucliers des forces de l’ordre. Pris entre les deux feux, un dragon de Komodo, perplexe, cherche à échapper à cette folie humaine.

“Le favoritisme du gouvernement envers les grandes entreprises est de plus en plus évident dans le parc national de Komodo. Sans base légale, le ministre du Tourisme et de l’Économie créative, Sandiaga Uno, a imposé un nouveau tarif d’entrée à partir du 1er août 2022 : 3,75 millions de roupies [250 euros] pour les visiteurs, qu’ils soient indonésiens ou étrangers, contre 5 000 à 250 000 roupies [35 centimes à 16 euros] auparavant”, rapporte Koran Tempo.

Le lendemain de l’entrée en vigueur de ce tarif exorbitant, les insulaires ont manifesté pacifiquement dans les rues de Labuan Bajo, la capitale régionale de l’archipel de Komodo. Le quotidien donne raison à leur colère :

“Cette nouvelle mesure va clairement tuer les petites entreprises touristiques gérées par les communautés locales. Avec un prix aussi élevé, les touristes ‘premium’ exigeront de meilleures prestations qui ne peuvent être satisfaites que par les grandes industries.”

Le cortège a été dispersé brutalement par les forces de l’ordre qui ont violenté et arrêté de nombreux villageois.

Courrier international
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Impossibilité d’accueillir plus de touristes

Le gouvernement indonésien justifie cette nouvelle politique tarifaire par un rapport du ministère de l’Environnement et des Forêts qui conclut que le parc national, inscrit en 1991 au patrimoine mondial par l’Unesco, n’a pas la capacité d’accueillir plus de 219 000 visiteurs par an.

Mais Koran Tempo estime qu’il existe de nombreuses façons de limiter le nombre de touristes, sans augmenter les tarifs : “La meilleure solution est d’écouter les voix des populations locales car ce sont elles qui vivent depuis des siècles en harmonie avec ces varans géants. Elles les appellent ‘ora’ et les considèrent comme leurs jumeaux nés de la même mère.”

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