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"Il faut parler la même langue que la Russie": Séjourné appelle au "rapport de force" avec Moscou

Le ministre des Affaires étrangères accuse les partis politiques nationalistes en Europe, "sous couvert d'un pacifisme", d'utiliser une rhétorique de "renoncement" face au Kremlin.

Quelle réponse apporter à Moscou? Alors que les deux ans de l'invasion russe en Ukraine ont été dépassés depuis plusieurs jours, La France semble toujours déterminée à ne pas céder face au Kremlin.

Après la sortie tapageuse d'Emmanuel Macron sur l'envoi de troupes, ensuite contredit par ses alliés occidentaux, c'est au tour du ministre des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, de donner son point de vue sur la situation dans le numéro de La Tribune du dimanche daté du 10 mars 2024.

Selon lui, il n'y a "jamais eu d'ambiguïté de la France à l'égard de la Russie". Cependant, à l'heure actuelle, le ministre l'assure, l'équation des Occidentaux est de connaître "la capacité de l'Ukraine à tenir" sur la durée, tout en sachant "si l'on peut amener la Russie à cesser sa guerre autrement qu'en soutenant l'Ukraine au maximum".

"Rapport de force"

Lors de cette prise de parole, ce dernier estime qu'historiquement, le recul n'a jamais été une solution face à un ennemi à la volonté expansionniste.

"Ceux qui, en mai 1939, ne voulaient pas mourir pour Dantzig n'ont fait que stimuler Hitler. [...] Je vois bien que les partis politiques nationalistes en Europe utilisent la même réflexion, les mêmes mots sous couvert d'un pacifisme qui n'est qu'un renoncement", dit-il, appelant à ce "que l'Histoire ne se répète pas".

À l'inverse, Stéphane Séjourné l'assure, il est impensable "de faire un pas de côté" face à "un pays impérialiste". "Je crois que ce serait justement lui donner la possibilité d'en profiter pour avancer."

"Il nous faut parler la même langue que la Russie, celle du rapport de force. Nous sommes très naïfs de penser que nous devrions nous fixer nos propres interdits alors que c'est la Russie qui viole le droit international", martèle-t-il.

Et le ministre de conclure: "Tenir tête à la Russie, c'est donc protéger les Français et la paix. C'est ça, le vrai patriotisme."

"Débats sur l'Ukraine"

Cette interview intervient deux jours avant un débat sur l'Ukraine qui doit avoir lieu le 12 mars à l'Assemblée nationale, puis le 13 au Sénat.

Emmanuel Macron a en effet demandé au gouvernement de faire "devant le Parlement une déclaration" relative à "l'accord bilatéral de sécurité conclu avec l'Ukraine le 16 février 2024 et à la situation en Ukraine, suivie d'un débat et d'un vote", a annoncé l'Élysée.

Cet accord avec Kiev "inscrit notre soutien à l'Ukraine dans la durée pour faire échec à la guerre d'agression de la Russie", a également rappelé l'Elysée.

Dans ce texte, la France s'engage à fournir en 2024 "jusqu’à 3 milliards d'euros" d'aide militaire "supplémentaire" à Kiev, après un soutien qu'elle chiffre à 1,7 milliard en 2022 et 2,1 milliards en 2023.

Article original publié sur BFMTV.com

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