"Il faut être mort pour faire réagir la justice": le ras-le-bol de Hoshi face au cyberharcèlement

"Il faut être mort pour faire réagir la justice": le ras-le-bol de Hoshi face au cyberharcèlement
La chanteuse Hoshi lors des Victoires de la musique en mars 2020 - ALAIN JOCARD / AFP
La chanteuse Hoshi lors des Victoires de la musique en mars 2020 - ALAIN JOCARD / AFP

Afin de "montrer aux gens ce qu'est le cyberharcèlement", la chanteuse Hoshi a partagé la semaine dernière sur Twitter quelques uns des milliers de messages d'insultes misogynes, homophobes ou encore grossophobes qu'elle reçoit au quotidien de la part d'internautes.

Le point de départ de cette vague de cyberharcèlement: une prestation de l'artiste de 26 ans aux Victoires de la musique, en 2020, lors de laquelle elle a embrassé une de ses danseuses sur scène.

Invitée ce mercredi de la matinale de France Inter, Hoshi est revenue sur l'"enfer psychologique" qu'elle subit sans interruption depuis trois ans et exprime son ras-le-bol face à l'inaction des autorités.

"On se dit que c'est un message par-ci par-là et en fait non, le lendemain des Victoires, et c'était ces messages-là en boucle: 'On va trouver ton adresse', 'on va te tuer', 'on va violer ta mère'", confie la chanteuse.

Et d'ajouter: "Ça a été 5000 messages comme ça."

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"Je me raccroche à la musique"

Fortement touchée par ce cyberharcèlement, Hoshi explique avoir dû complètement revoir sa manière de vivre. Elle a été contrainte de déménager car ses détracteurs avaient presque trouvé son adresse et ne peut aujourd'hui plus sortir sans être accompagnée, ni avoir un rythme de sommeil normal.

"Je ne peux plus sortir toute seule par traumatisme. J'ai peur que sur 5000 messages il y en a un qui puisse passer à l'acte. Ça fait 3 ans que je n'ai pas dormi avant 6 heures du matin. Maintenant je vais en studio la nuit parce que je suis trop angoissée", explique-t-elle.

Cette haine quotidienne a également eu des conséquences sur sa santé. Hoshi précise avoir perdu 10 kilos et que la maladie de Ménière, dont elle souffre, s'est amplifiée avec le stress, ce qui lui cause des vertiges en permanence et une perte de l'audition.

À tel point que l'interprète de Ta marinière a déjà pensé à mettre un terme à sa carrière dans la musique. "J'y ai pensé vraiment plus d'une fois. Mais ça serait leur donner raison, alors je me raccroche à la musique, parce que c'est la seule chose qui me fait du bien", assure-t-elle.

"On laisse mourir ces gens-là"

Mais le cas d'Hoshi est loin d'être isolé et est même parfois encore plus grave. Le 7 janvier dernier, Lucas, un collégien de 13 ans, s'est suicidé à son domicile dans les Vosges, après avoir été harcelé en raison de son homosexualité.

"J'ai pleuré, j'étais vraiment dévastée. Je me suis dit, ils arrivent déjà pas à agir pour moi qui suis médiatisée. [...] C'est pas que mon quotidien, c'est celui de plein d'adolescents ou adultes. [...] On laisse mourir ces gens-là", a réagi Hoshi.

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De son côté, la chanteuse s'est engagée dans une procédure judiciaire. Mais, malgré des milliers de messages signalés, seuls quelques mineurs ont été identifiés mais ne seront pas jugés et une personne sera entendue lors d'un procès prévu au mois de juin. Un verdict pas suffisant pour l'artiste qui assure perdre de plus en plus confiance en la justice française.

"C'est horrible ce que je vais dire mais j'ai presque l'impression qu'il faut être mort pour faire réagir la justice. Tant que les gens n'agissent pas et que c'est que des menaces, personne ne les prend au sérieux mais pourtant ça tue de l'intérieur", affirme-t-elle.

Et de conclure: "Je suis désespérée, je ne sais plus quoi faire. Ce que je souhaiterais c'est que l'enquête soit rouverte et qu'on trouve plus de personnes et qu'on montre l'exemple en France une bonne fois pour toute pour que peut-être ça en démotive certains."

Article original publié sur BFMTV.com