Euthanasie: remous au sein des députés LaREM sur un retour du texte

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l'Assemblée nationale (photo d'illustration) - JOEL SAGET © 2019 AFP
l'Assemblée nationale (photo d'illustration) - JOEL SAGET © 2019 AFP

"Éviter le bordel" ou "volte-face"? Le délicat sujet de l'euthanasie a provoqué ce mardi une poussée de fièvre parmi les députés LaREM, divisés sur l'opportunité de remettre une proposition de loi pour l'autoriser à l'ordre du jour, a appris l'AFP de sources parlementaires.
Quelque 300 députés de tous bords, soit plus de la moitié de l'Assemblée nationale, ont demandé début mai au Premier ministre Jean Castex d'inscrire au menu cette proposition de loi dont l'examen n'avait pu aller à son terme en avril. Le sujet est revenu en réunion du groupe majoritaire, alors qu'un des parlementaires en pointe, Jean-Louis Touraine, plaidait pour une question au gouvernement afin d'obtenir une réponse. Le patron des députés LaREM Christophe Castaner a jugé que ce n'était "pas la bonne méthode".

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Un débat houleux au sein de l'hémicycle

"Tu as fait volte-face (...) Es-tu le serviteur zélé de l'exécutif?", l'a alors attaqué Jean-Louis Touraine, selon des propos rapportés. Et Christophe Castaner de répliquer: "Je n'ai pas beaucoup de leçons à recevoir à titre personnel. Ma responsabilité est d'éviter le bordel. (...) Comme président de groupe, je cherche à défendre les sujets de groupe. Il m'arrive dans mes prises de position de prendre en compte l'avis du président de la République et du gouvernement".

Jean Castex avait indiqué au Parisien il y a une semaine que le débat sur la fin de vie était "évidemment légitime, mais il arrive tard". "Le calendrier parlementaire est extrêmement serré. La priorité du gouvernement est d'aller au bout du vote de la loi sur la bioéthique, qui comporte notamment la PMA pour toutes. Avant d'en ajouter, finissons déjà ce qui fait partie de nos engagements", a-t-il ajouté.

Une réponse de Jean Castex attendue par les signataires de la lettre

Christophe Castaner, qui a reçu plusieurs soutiens lors de cette réunion LaREM tendue, a souligné que l'attaque de Jean-Louis Touraine "nous éloigne de la notion de bienveillance qui nous a fait élire il y a quatre ans".

Jean Castex doit encore répondre au courrier des quelque 300 députés, dont plus de la moitié du groupe LaREM. Plusieurs ministres, Marlène Schiappa, Emmanuelle Wargon, Olivier Dussopt et Agnès Pannier-Runacher, ont apporté leur soutien.
Malgré un large appui, la proposition de loi ouvrant un droit à "une fin de vie libre et choisie" du député Olivier Falorni (groupe Libertés et territoires) n'avait pu être adoptée face à des milliers d'amendements déposés par quelques élus LR et un temps contraint, le 8 avril.

Article original publié sur BFMTV.com