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Euro de handball: pourquoi les Bleus n’ont jamais semblé aussi fort

Certains casse-têtes sont plus difficiles que d’autres à résoudre. Celui du staff de l’équipe de France et de son sélectionneur Guillaume Gille parait presque impossible à solutionner. Sur les 19 joueurs disponibles sur l’Euro, tous jouent des rôles majeurs dans des clubs qui disputent la Ligue des champions. Une abondance de biens dans une équipe qui n’a jamais été aussi bien armée avant d’aborder le carré final.

"Tous les jours il y a des couperets qui tombent avec une sélection à donner, confirme Gille. C’est lourd pour les gars, difficile pour le staff quand on voit le niveau des mecs parce que c’est très dense. Après, ça fait partie du jeu. Cette année on a la chance d’avoir tout le monde opérationnel sauf Vincent (Gérard). Sinon dans le groupe élargi en début de préparation, il y avait toutes les forces vives. C’est le luxe d’une équipe de France qui peut se reposer sur plusieurs joueurs différents."

Avant de rejoindre l’Allemagne, le coach français a dû trancher dans le vif en écartant Aymeric Minne et Thibault Briet, brillants avec Nantes depuis le début de saison. Avec 16 joueurs sur la feuille de match, ils sont 3 à regarder leurs coéquipiers depuis les tribunes sur cette compétition. Timothey N’guessan, pilier du Barça et joueur important des Bleus depuis de nombreuses années, a dû se contenter de 59 petites minutes de temps de jeu.

Tournat: "Quand tu vois le niveau des mecs en tribunes…"

"Ça pose d'autres problèmes parce qu’il n’y a que 7 joueurs qui peuvent être en même temps sur le terrain, détaille Nikola Karabatic. Il faut savoir gérer le temps de jeu, les égos, l'harmonie dans le groupe. Mais quand tu gagnes tout va bien donc pour l'instant tout va bien. Ça pose des challenges un peu plus compliqués aux coachs." La mécanique française semble parfaitement huilée même si toutes ces rotations en cours de match peuvent parfois impacter les Bleus.

"On n’est pas assez tueurs dans nos matchs et ça peut être une explication, s’interroge le demi-centre Nedim Remili. Ça reste malgré tout plus une force qu'une faiblesse à partir du moment où chacun se sent bien dans ce groupe trouve sa place et arrive à apporter à l'équipe." Le pivot Nicolas Tournat n’a passé que 58 minutes sur le terrain en 7 matchs avec un rendement exceptionnel (15 buts sur 17 tirs). "Bien sûr que c’est un peu frustrant, on a tous envie de jouer le plus possible mais quand tu vois le niveau des mecs qui sont en tribunes ou qui sont restés à la maison… Quand on fait appel à nous, on doit être efficace tout de suite."

Le chef d’orchestre Guillaume Gille gère les temps de jeu de ses musiciens avec une vraie justesse. Chaque rôle est défini et accepté par les joueurs qui ont une vraie liberté pour s’exprimer lors de la préparation des matchs ou des temps-morts en cours de partie.

G.Gille: "On sent une base qui se solidifie d’année en année"

Un management participatif qui colle bien à ces Bleus. "Les egos ? On est assez intelligent pour bien vivre ensemble, lâche Remili. On vit très bien en communauté, on s’entend très bien donc ce n’est pas un problème. On sait que le sélectionneur a des choix compliqués à faire mais ça veut dire qu’on fait bien notre taf." Certaines interrogations qui pouvaient se poser avant la compétition ont rapidement été réglées.

Nikola Karabatic, 39 ans, trop âgé ? Avant le match contre la Hongrie qui n’avait aucun enjeu et pour lequel il a été laissé au repos, la star du hand français affichait le 4e temps de jeu de l’effectif. Toujours aussi précis en attaque (16 buts, 15 passes décisives) et indispensable en défense. Les gardiens français pas assez expérimentés sans Vincent Gérard ? Samir Bellahcene (9 sélections) - avec 34% d’arrêts - est nommé parmi les 6 meilleurs gardiens du tournoi.

La France est la seule équipe encore invaincue dans cet Euro. "On a eu l’habitude depuis le début de compétition d’avoir une gestion assez large quand on compare aux autres équipes, peaufine Guillaume Gille. L’objectif c’était d’être les meilleures dispositions pour le carré final. Se retrouver aussi souvent en demi-finale n’est jamais anecdotique. Notre groupe est prêt. D’année en année, on sent une base qui se solidifie avec une expérience de plus en plus forte." Face aux tenants du titre suédois qu’ils affrontent pour la 4e fois en 3 ans, les Bleus semblent en effet plus prêts que jamais.

Article original publié sur RMC Sport