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Escrime: Thibus renonce à l’analyse de l’échantillon B pour mieux se défendre en vue des JO 2024

"Une décision stratégique et tactique". Suspendue depuis le 8 février dernier et un contrôle antidopage positif à l’Ostarine, la fleurettiste Ysaora Thibus, grand espoir de médaille aux Jeux de Paris 2024 a pris le temps d’affiner sa stratégie de défense. Leader de l’équipe de France de fleuret, Ysaora Thibus "nie toujours avec la plus grande fermeté" s’être administrée "la moindre substance dopante" et a préféré renoncer à l’analyse de l’échantillon B.

Thibus: "Pour que rien, surtout pas une injustice, puisse l'empêcher"

"Il est impératif que je puisse présenter ma défense dans le cadre d’une procédure accélérée visant à lever ma suspension pour me permettre d’y participer", justifie-t-elle dans un communiqué. Si elle ne remet pas en cause les résultats de l’analyse de l’échantillon A, la championne du monde individuelle 2022, lauréate de plusieurs épreuves de Coupe du monde dans sa discipline, dit avoir été exposée par contamination au produit, généralement utilisé pour augmenter la masse musculaire.

Déterminée à prouver son innocence, Ysaora Thibus continue à peaufiner sa préparation comme si de rien n’était: "Pour que mon rêve de participer aux JO à la maison soit une réalité et que rien, surtout pas une injustice, puisse l’empêcher." Le jour du contrôle, Thibus participait à l'étape de Coupe du monde de Paris, qualificative pour les Jeux olympiques, où l'équipe de France avait pris la deuxième place derrière l'Italie, résultat qui assurait la qualification olympique collective aux Bleues.

"'Ysa' ne supporte pas la triche"

L’équipe autour de la tricolore pense avoir compris comment et quand la Guadeloupéenne aurait été contaminée. "C’est la suite des explorations menées par nos équipes de scientifiques", confie une source proche de ce dossier. Cette version d’une contamination, la championne du monde 2022 la soutient depuis que son contrôle positif à l’ostarine a été révélé.  "Le staff et les athlètes sont ok pour dire que ce n’est pas possible qu’elle se soit dopée, soutient un membre de l’équipe de France. ‘Ysa’ est quelqu’un de simple et ne supporte pas la triche. Elle nous l’a dit et confirmé."

Alors pour éviter de perdre entre trois semaines et un mois – délais pour avoir le résultat de l’échantillon B – et comme la clan Thibus estime qu’il aurait de toute manière été positif (car contaminé aussi), l’idée est de "se défendre dès que possible". Car une audience doit initialement être tenue "dans les six mois", précise le règlement antidopage de la FIE. Ce qui ne correspond pas aux ambitions olympiques de Thibus. L’équipe de la tricolore va donc finaliser son rapport, y glisser les preuves, afin de se défendre et l’envoyer à la FIE, en espérant qu’une audience se tiendra plus rapidement et lui donnera raison. Convaincue d’être innocente, Thibus espère être blanchie, alors qu’elle risque théoriquement quatre ans de suspension.

Thibus s’entretient et garde espoir

En attendant, l’équipe de France féminine de fleuret prend la direction du Caire (Egypte) ce week-end pour une étape de Coupe du Monde. Ses plus proches coéquipières, Pauline Ranvier et Anita Blaze - averties en premier - ont été très choquées et perturbées lors de l’annonce du contrôle positif, juste avant le Grand Prix de Turin le 8 février dernier.

Les fleurettistes étaient d’ailleurs passées à côté de leur sujet. Elles ont depuis repris l’entraînement, le cas Thibus a été évoqué et toutes ont confiance en leur coéquipière. "Ce fut dur à entendre car le fleuret féminin à un collectif fort et sans la leader, ce n’est plus le même projet", glisse-t-on dans le collectif France. Thibus, elle, suivra cela de loin. Elle ne peut plus s’entraîner à l’INSEP - qu’elle fréquentait déjà peu - et continue de s’entretenir physiquement dans sa structure, entourée notamment du maître d’armes Giulio Tomassini.

Article original publié sur RMC Sport