Eric Zemmour se lance dans sa "non-campagne" à Toulon

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Un lecteur tient le dernier livre d'Eric Zemmour, le 17 septembre 2021 à Toulon - Nicolas TUCAT © 2019 AFP
Un lecteur tient le dernier livre d'Eric Zemmour, le 17 septembre 2021 à Toulon - Nicolas TUCAT © 2019 AFP

En tournée promotionnelle pour son livre La France n'a pas dit son dernier mot, le polémiste était présent ce vendredi soir à Toulon pour la première conférence d'une tournée de plusieurs semaines. Avec en ligne de mire sa probable candidature pour 2022.
"Je ne demande que cela, je suis candidat au débat. (...) La démocratie c'est la confrontation des idées", a affirmé sous les rires l'éditorialiste proche de l'extrême droite identitaire, devant quelque 800 personnes venues l'écouter.

ll a annoncé à ce sujet qu'il affronterait prochainement le chef de file de LFI Jean-Luc Mélenchon, alors qu'il est privé de son émission quotidienne sur Cnews après la décision du CSA de décompter son temps de parole.
Mais il a surtout longuement dénoncé, comme à son habitude, la "guerre de civilisation sur notre sol" où des territoires ont été "conquis par l'islam", et la "guerre des minorités" qu'il faut "combattre". A un homme dans la salle qui lui demandait "un moratoire sur l'immigration", l'encadrement du droit de grève et un retour "à une politique d'assimilation", l'éditorialiste a répondu "vous allez être obligé de voter pour moi". Avant sa conférence, quelques opposants ont manifesté devant le Palais des congrès où ses partisans ont répondu en entonnant une Marseillaise.

Des électeurs RN tentés par un vote Zemmour

Lucie, 26 ans, portant un tee-shirt célébrant les "racines" de la France, est venue voir Eric Zemmour qui est pour elle "la dernière chance de sauver la France". Elle a démissionné de l'Education nationale après des "menaces d'élèves, pour la plupart issus de l'immigration", et dit "n'avoir jamais été importunée par quelqu'un de blanc".

Elle a voté Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle de 2017 mais blanc au second, "déçue" par son débat face à M. Macron.


Samedi, Eric Zemmour ira à Nice où, outre les dédicaces, il déambulera sur le marché aux fleurs et rencontrera quelques jeunes soutiens de "Génération Z". Les bras croisés, ce fervent partisan de la théorie complotiste du "grand remplacement" pose en couverture de son livre devant un drapeau français qui flotte au vent.

Toujours pas de programme

"Je me suis inspiré d'une affiche de Donald Trump", dit-il, désireux à ce stade "d'imposer" ses thèmes qui l'obsèdent: l'immigration, l'islam et "l'existence du peuple français".
Mais l'essai, qui débute par une faute d'orthographe, ne porte pas de propositions telles qu'attendues d'un potentiel candidat et ressemble davantage à des chroniques mondaines basées sur ses échanges avec diverses personnalités. Propositions ou pas, la fascination ou la répulsion que ce partisan de la remigration (retour des immigrés dans leur pays d'origine) génère, et l'intérêt médiatique qu'il suscite, le réjouissent. "C'est mon intérêt de faire durer l'ambiguité" sur ma candidature, a-t-il redit à Toulon.

Il a aussi attaqué "les soi-disant" humoristes qui sont "des chiens de garde de l'idéologie dominante" en citant l'humoriste Charline Vanhoenacker qui a détourné l'une de ses affiches.

Ses prises de position lui valent régulièrement des poursuites en justice. Plusieurs fois relaxé, il a toutefois été condamné à deux reprises pour provocation à la haine raciale.

Article original publié sur BFMTV.com

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