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Equipe de France féminine: "Elles ont cette philosophie de jeu dès le plus jeune âge", le regard de Sandie Toletti sur la suprématie espagnole

Vous débutez les qualifications à l’Euro 2025 dans le groupe le plus relevé.

On a eu un gros tirage avec de grosses équipes mais l’objectif c’est de se qualifier, cela va être de beaux matches, intéressants pour se préparer aux Jeux olympiques. On a encore plus envie de jouer ces manches-là.

C’est désormais officiel, Hervé Renard ne prolongera pas son contrat après les Jeux olympiques. Cela change-t-il quelque chose pour le groupe ?

Il nous l’a dit. Tout le monde a le même objectif : aller chercher un titre aux Jeux olympiques. Il n’y a pas eu de changement pour le groupe. Avec tout le staff on s’entend trop bien, on a quelques mois pour profiter tous ensemble. On va tout faire pour bien finir, aller jusqu’au bout aux JO.

A Paris 2024, l’Espagne partira logiquement favorite ?

Par rapport à la finale de Ligue des Nations, on peut les mettre favorites. Elles jouent ensemble, chaque année il y a très peu de changements au sein de l’effectif. Elles se connaissent presque à la perfection. Contre nous elles avaient bien préparé le match. Depuis la Coupe du monde aussi elles ont montré leur jeu. Quand je parle avec les Espagnoles dans mon équipe, elles pensent déjà aux JO, mais elles savent ce sera un tout autre match face à nous si on se rencontre.

Vous qui évoluez en Espagne depuis 2020 (Levante, puis le Real Madrid depuis 2022), quelle est votre impression sur la formation espagnole et ce style de jeu axé sur la possession du ballon ?

Toutes les Espagnoles, dès le jeune âge, elles ont un style à elles. C’est pour ça qu’on parle de "jouer à l’espagnole". Elles ont vraiment ce style-là. Au Real Madrid, les plus jeunes qui montent du centre de formation, sont toutes en mouvement. C’est beaucoup du jeu de position. Elles se connaissent presque par cœur. Elles savent ce qu’elles vont faire avant de recevoir le ballon. Elles ont une philosophie de jeu à elles qu’elles apprennent depuis toute petite.

Cette approche tactique vous a frappé dès votre arrivée à Levante ?
Quand je suis arrivée à Levante, dès le premier entrainement je me suis dit "je vais me régaler". Tout le monde joue en une touche, avec des une-deux. A chaque fois que tu donnes un ballon, il faut redemander derrière. Cela m’a vraiment surprise. C’est vraiment toutes ensemble qu’elle ont ce style de jeu. C’est un plaisir de jouer avec elles.

Au sein du championnat, les équipes ont-elles aussi une vraie identité ?

Le Barça elles ont vraiment leur philosophie de jeu à elles. Elles ont encore plus le ballon, elles aiment le jeu de possession, elles ont 60-70% de possession à chaque match. On est dans la même logique qu’avec les garçons. C’est la philosophie du club.

Dans les séances, pendant les préparations d’intersaison, y-a-t-il beaucoup de travail avec le ballon ?
Oui on passe beaucoup de temps avec le ballon. Même moi quand je suis arrivée en Espagne je me disais qu’il fallait travailler sans ballon pour travailler le physique. On travaillait évidemment le physique mais avec ballon. Au final, tu te rends compte que tu travailles avec les mêmes résultats. Ils pensent foot, jeu de position, de possession. Mais il faut l’équilibre entre les deux, être fortes physiquement car sur la scène européenne c’est aussi ça qui fait la différence.

L’engouement derrière la sélection en Espagne a-t-il pris une autre ampleur ces derniers mois ?
Depuis la Coupe du monde, il y a eu un boom en Espagne. Nous on remplit le stade à chaque match avec le Real Madrid. Toutes les filles se reconnaissent à travers certaines joueuses. C’est ça qui est beau aussi. Tu vois vraiment que si tu réussis une compétition, et j’espère que cela sera le cas pour nous aussi, tu arrives à amener plus de jeunes filles à venir jouer au foot.

Article original publié sur RMC Sport