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Droits TV de la Ligue 1: BeIN Sports, la clé du dossier

Le principal diffuseur intéressé par ces droits s’appelle DAZN, qui a formulé plusieurs offres pourl’ensemble des matchs. Des offres légèrement réhaussées à plusieurs reprises mais jugées encore insuffisantes par Vincent Labrune, qui a un objectif ambitieux, clair en tête: atteindre les 900 millions de droits globaux (domestique et international). Les diffuseurs pensaient que le temps allait jouer en leur faveur mais le président de la Ligue se montre inflexible et ne semble pas pressé pour parvenir à ses objectifs.

BeIN ouvert à l’idée d’investir à nouveau dans les droits de la L1… grâce à Nasser al-Khelaïfi

Puisque l’offre de DAZN est jugée insuffisante, un sérieux rapprochement s’est donc opéré avec BeIN Sports dirigé par Youssef Al-Obaidly. Dans le plan stratégique du média qatari, un positionnement sur les droits de la Ligue 1 n’était pas vraiment prévu car la chaine est aujourd’hui à l’équilibre grâce à l’accord de distribution avec Canal+ qui lui rapporte 250 millions par an. Mais un homme a joué un rôle essentiel dans ce positionnement de BeIN: Nasser al-Khelaïfi.

Le président du PSG a compris que la Ligue 1 ne pouvait pas s’appauvrir. Pour poursuivre le développement du championnat et donc de son club locomotive, il était essentiel que les droits progressent. Depuis plusieurs mois, Nasser al-Khelaïfi a bien ça en tête. Le dirigeant échange régulièrement avec le président de la Ligue. ls avaient notamment abordé brièvement le sujet le 13 décembre dernier à Dortmund, lors du retour à l'aéroport après le match. Ces dernier jours, le message a donc été passé à Youssef Al-Obaidly, dont al-Khelaïfi est le grand patron, d’étudier les possibilités d’investissements sur les droits de la Ligue 1 que ce soit sur le domestique mais aussi sur l’international.

Même si au début, cette demande n’a pas emballé Al-Obaidly l’obligeant à revoir son business plan, la réflexion semble avancer dans son esprit. Le patron de la chaîne qatarie et Vincent Labrune se sont vus ce samedi au stade de la Source d’Orléans pour assister côte à côte au match du PSG. En marge de la rencontre s’est tenu un échange important lors duquel le sujet a été sérieusement discuté entre les deux hommes.

Selon nos informations, BeIN n’a pas formulé d’offre mais toutes les options ont été abordées. Preuve que les choses avancent. L’idée actuellement en vigueur, mais qui peut évoluer, c’est de donner au deuxième acteur, en plus de DAZN, 3 matchs dont 1 en exclu (a priori le vendredi soir) et deux autres en co-diffusion (un le samedi et un le dimanche) avec la plateforme britannique.

Prime Vidéo n’a pas dit son dernier mot

Ce positionnement de BeIN n’a pas provoqué de réaction particulière du côté de DAZN même si ses dirigeants britanniques aimeraient accélérer, parvenir à un accord afin d’avoir le temps de monter leur dispositif éditorial et de communication. Mais un autre acteur, actuellement diffuseur principal de la Ligue 1, n’a pas dit son dernier mot dans cette partie de poker. C’est Prime Vidéo. Depuis le début des discussions, Alex Green dirigeant d’Amazon qui gère le dossier des droits TV en France, explique à la Ligue que la plateforme a perdu énormément d’argent ces derniers mois et qu'il ne peut plus investir autant qu’il l’a fait (250 millions pour 7 matchs par week-end). Mais les échanges n’ont jamais cessé pour autant avec les dirigeants de la LFP. Un intérêt pour le match du vendredi pourrait rester d'actualité, surtout qu'il devrait régulièrement se transformer en choix 3.

Canal reste discret mais observe

L’offensive de BeIN pourrait faire réagir Prime qui aimerait malgré les difficultés conserver du foot français dans son catalogue. Prime pourrait-il s’aligner sur une offre de BeIN? Serait-elle suffisante aux yeux de Vincent Labrune? Pourrait-on imaginer finalement trois diffuseurs qui se partagent le gâteau des droits? Rien ne semble être écarté aujourd’hui.

Pendant ce temps-là, Canal+ se montre très discret mais tente de rester informé de ce qu’il se passe en coulisses. Distributeur de BeIN Sport et DAZN, la chaine cryptée qui a claqué la porte de l’appel d’offres pourrait à la fin de cette drôle de séquence proposer à ses abonnés de la Ligue 1 via ses accords avec les deux autres diffuseurs. Au sein de Canal, qui dit ne plus vouloir participer à des appels d’offres de la LFP, on laisse entendre que tout deal pourrait lui convenir… tant qu’elle ne paie pas.

Article original publié sur RMC Sport