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"Dragon Ball": la génération "Club Dorothée" pleure la mort d'Akira Toriyama

C'était le 2 mars 1988. Dragon Ball débarquait sur les écrans français. C'était l'époque bénie du Club Dorothée, des cassettes VHS et des mercredis après-midi libres.

A l'annonce de la mort d'Akira Toriyama, tous les anciens petits garçons et petites filles qui ne rataient pas un épisode du Club Dorothée, pleurent aujourd'hui le père du manga qui a marqué tout une génération.

Dans son hommage, publié ce vendredi sur les réseaux sociaux, Emmanuel Macron a d'ailleurs salué le maître et "les millions de passionnés qui ont grandi avec lui".

"Tellement de souvenirs"

Et ils sont nombreux, ce vendredi à dire leur tristesse et à égréner les souvenirs de leur enfance, profondément marquée et influencée par l'arrivée dans les années 1980 et 1990 des premiers animés japonais, dont Dragon Ball ou les Chevaliers du Zodiaque.

"Dragon Ball, c'est toute mon enfance, je ne sais plus combien de fois j'ai essayé de me transformer en Super Saiyan, faire des Kameha, me téléporter, etc.", écrit ainsi un fan sur X.

"Mon premier animé", ajoute un autre. "Né en 1986 j'ai passé mes années de primaire avec Dragon Ball et Dragon Ball Z en toile de fond", souligne un troisième.

"Tellement de souvenirs. Me lever tous les mercredis pour enregistrer sur mon magnétoscope, dessiner mes perso préférés, lire après les Dragon Ball, les jeux sur SNES, les énormes posters. En parler pendant des heures à la recré", peut-on aussi lire parmi ces hommages à Toriyama.

Plusieurs d'entre eux saluent également le Club Dorothée, pionnier de la diffusion d'animés à la télévision française.

"Merci au Club Dorothée"

"Merci au Club Dorothee pour ça, même s'ils achetaient les animés au kilo et donc la qualité pas toujours folle", rappelle un fan.

"Ceux qui ont grandi avec le Club Dorothée, là, ça pique", note un fan qui ajoute que "toute (sa) vie en a été impactée, mais pour le meilleur".

Nombre des fans des animés japonais et des mangas notent le rôle prépondérant qu'ont joué le Club Dorothée et Dragon Ball dans la promotion des mangas en France. L'Hexagone aujourd'hui l'une des places fortes du manga et le deuxième marché mondial derrière le Japon.

Ceux qui regardaient Dragon Ball se sont tout naturellement tournés vers les éditions "pastel" de Dragon Ball, arrivées en France 1993. Là encore, un vrai choc pour ceux qui ont découvert l'œuvre enfants ou adolescents, alors que les mangas étaient encore très peu répandus en France.

"Sans Dragon Ball et sans le Club Dorothee, les mangas auraient mis une décennie de plus pour arriver en France", souligne un autre.

"Sans Dragon Ball pas de hype du manga comme on la connaît en France aujourd'hui, pas autant d'artiste qui tournent au Japon, pas autant de mankaga français, etc".

"On serait des millions à ne pas avoir cette passion des mangas. Au-delà même du chef-d'œuvre, Dragon Ball a rassemblé tant de gens et créé des liens", complète un fan.

"Japoniaiseries"

À l'époque, pourtant, ces programmes destinés aux jeunes enfants, étaient très décriés. Qualifiés de "japoniaiseries", il étaient considérés comme idiots et jugés trop violents pour le public du Club Dorothée. Ségolène Royal, alors députée des Deux-Sèvres en avait par exemple fait son cheval de bataille dans son livre Le ras-le-bol des bébés zappeurs, et dénonçait des programmes qui faisaient, selon elle, "l'apologie du héros violent".

Les critiques finiront par avoir la peau des animés, et Dragon Ball quitte la télévision française en 1996. Le dessin animé, devenu culte a pourtant marqué durablement une génération, et surtout l'a initiée au manga. "RIP Toriyama-sama. Et merci pour tout. Merci pour notre jeunesse"

Article original publié sur BFMTV.com