Le doyen des prisonniers palestiniens libéré après 40 ans dans les geôles israéliennes

photo SAEED QAQ/NurPhoto via AFP

Israël a libéré jeudi 5 janvier à l’aube le doyen des prisonniers palestiniens, Karim Younes, arrêté en 1983 pour son implication dans l’enlèvement et le meurtre du soldat israélien Avi Bromberg en 1980, rapportent plusieurs médias arabes et israéliens.

“Jeudi matin, Younes a été déposé à la gare centrale de Ra’anana [ville israélienne au nord-est de Tel-Aviv] […] et a été aidé par des passants pour entrer en contact avec sa famille. Il a ensuite été récupéré par son frère, qui l’a conduit chez lui dans le village d’Ara, dans le nord d’Israël”, indique Ha’Aretz.

Selon le journal israélien de gauche, Itamar Ben-Gvir, le nouveau ministre israélien, d’extrême droite, chargé de la Sécurité nationale, a ordonné que Karim Younes soit déposé à une gare à Ra’anana pour “empêcher les célébrations à la prison”.

“Jusqu’à ce que le gouvernement adopte une loi imposant la peine de mort aux terroristes, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour qu’ils sortent de prison humiliés”, a ajouté le ministre, cité par Ha’Aretz.

“Prêts à sacrifier encore quarante ans”

Arrêté il y a quarante ans avec deux de ses proches, le plus “ancien des prisonniers palestiniens […] avait été accusé d’avoir passé en contrebande des armes à la résistance palestinienne et d’avoir tué un soldat israélien”, rappelle de son côté le site panarabe Raseef22.

Karim Younes avait d’abord été condamné à la mort par pendaison, puis sa peine a été allégée à une réclusion à perpétuité, avant que celle-ci ne soit réduite à quarante ans, indique le site.

À sa sortie de prison, l’homme, âgé aujourd’hui de 67 ans, s’est d’abord recueilli sur les tombes de ses parents dans son village natal d’Ara, selon des images relayées sur les réseaux sociaux.

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Il a ensuite livré ses premières impressions : “Aujourd’hui, je ne ressens rien. J’ai juste respiré l’air et vu le soleil… Avec le temps, je m’y habituerai peut-être”, a-t-il affirmé non sans ironie.

Avant d’évoquer son long “combat” pour la “liberté”, rapporte Raseef 22.

“J’ai quitté cette prison pour (poursuivre cette marche sur) le chemin de la liberté. J’ai laissé derrière moi des milliers de prisonniers. Aujourd’hui, ils sont plus unis que jamais face à Ben-Gvir et ses partisans. Nous sommes prêts à sacrifier encore quarante ans pour la liberté de notre peuple.”

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