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Dadju et Tayc, Tiakola et Gazo, Zola et Koba LaD... Pourquoi les rappeurs multiplient les albums en duo

Fusionner deux univers sur un même album. C'est la démarche de Dadju et Tayc, qui unissent leurs voix sur leur premier projet en commun baptisé Héritage, dévoilé ce vendredi 16 février.

Après plusieurs mois de supposés clashs sur les réseaux sociaux, les deux rappeurs, qui cumulent à eux deux 30 millions d’abonnés et 3 milliards de streams, ont décidé de faire table rase du passé et d'offrir à leurs fans une réconciliation en musique.

Moins de pression qu'un album solo

Comme Dajdu et Tayc, ces derniers mois, plusieurs artistes ont opté pour le format de l'album collaboratif en duo. Ainsi en décembre les poids lourds du rap français Gazo et Tiakola ont mêlé leurs voix sur le disque La mélo est gangx tandis que Zola et Koba LaD, anciens rivaux, se sont rabibochés sur Frères ennemis fin janvier.

Si ce type d'albums se fait de plus en plus populaire dans le paysage musical actuel, cette stratégie est avant tout un moyen pour les artistes de se faire "plaisir" artistiquement, selon Florian Lecerf, fondateur de l'agence 135 Média, spécialisée dans l'accompagnement de musiciens.

"Les artistes le font par plaisir, parce que c’est des projets qui font du bruit au moment de l’annonce, mais ce ne sont pas forcément des projets qui 'streament' énormément", précise Florian Lecerf.

"Ce sont aussi des albums qui viennent s'installer dans des carrières de 'gros' artistes qui ont besoin de souffler par moment avec un projet intermédiaire. Ça va leur faire de l’actualité mais avec moins de pression qu’un nouvel album solo. C’est un peu une pause récréative", poursuit-t-il.

Des projets parfois risqués

Très populaires aux États-Unis, avec des projets tels que Watch The Throne (Kanye West et Jay-Z), What a Time to Be Alive (Drake et Future) ou plus récemment Vultures (Kanye West et Ty Dolla $ign), les albums communs entre artistes tentent de s'imposer en France depuis de nombreuses années.

"Quand tu vois des Tiakola, Gazo et Koba la D et Zola, ce sont des artistes qui sont déjà dans leur musique très influencés par la culture américaine, donc c'est pas étonnant de les retrouver sur ce type de projet", indique Florian Lecerf.

Ainsi plusieurs rappeurs francophones tels que Vald et Heuss L’Enfoiré, Kaaris et Kalash Criminel ou Leto et Guy2Bezbar se sont essayés à l'exercice ces dernières années, parfois avec le risque de ne pas réussir à trouver leur public.

"Dans l’industrie on a tendance à se dire que si on fait artiste A + artiste B on va avoir la force des deux mais dans la réalité des faits, les artistes font toujours plus d’écoutes en solo", analyse le fondateur de 135 Média.

"Car les gens qui écoutent des albums en communs représentent qu'une toute petite partie de la fanbase des artistes, les plus engagés. De la même manière que quand un artiste collabore sur le projet d’un autre, tous ses auditeurs ne vont pas aller l’écouter", ajoute-t-il.

Vers davantage d'albums en commun en 2024?

Néanmoins, les derniers albums collaboratifs sortis ces derniers mois ont réussi à populariser ce format auprès des auditeurs. La mélo est gangx de Gazo et Tiakola a ainsi battu le record de la certification la plus rapide de l’histoire d’un album commun dans le rap français, en recevant un disque d'or un mois à peine après sa sortie.

Frères Ennemis de Zola et Koba LaD a également été très bien accueilli par le public avec 16.941 exemplaires vendus en première semaine, soit le deuxième meilleur démarrage d'un album de duo juste derrière La mélo est gangx.

Doit-on s'attendre à voir de plus en plus d'albums de ce type voir le jour cette année? "Ça ne serait pas étonnant", assure Florian Lecerf. "Vu comme les derniers projets sortis ont fait des gros chiffres et du bruit, ça va forcément inspirer d'autres artistes à faire pareil", conclut le spécialiste.

Article original publié sur BFMTV.com