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"Un déferlement d'insultes et d'injures": Gabriel Attal se livre sur le harcèlement scolaire qu'il a subi

"Je crois que le pire, c’est quand on a le sentiment que cette souffrance n'aura pas de fin." Dans l'émission Sept à Huit, le ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal s'est confié sur le harcèlement scolaire qu'il a subi lorsqu'il était au collège.

"J'étais à la fin du collège, j'avais 14, 15 ans. C'était un élève de l'établissement qui avait ouvert ce site sur lequel il fallait mettre des commentaires sur le physique des élèves. Et moi, à cette occasion, j'ai vécu un déferlement d'insultes et d'injures, ça a duré plusieurs mois et ça a été très violent", a relaté le ministre.

"Je suis allé avec une fille au cinéma et c'est une fille qu'il aimait bien dans l'établissement. Je me souviens que ce jour-là il m'a dit: 'Je vais te détruire'. Et c'est ce qu'il a cherché à faire derrière", a encore raconté Gabriel Attal. Cet élève, Juan Branco, désormais devenu avocat, avait créé un Skyblog pour s'en prendre au futur ministre.

"Les commentaires qui étaient postés, c'était 'pédale', 'tafiole', 'tarlouze'. Je pense que c'était sur une orientation sexuelle supposée à l'époque. Moi, je n'en parlais pas autour de moi", a expliqué le ministre qui a eu, à l'époque, "le sentiment qu'on a personne à qui en parler".

"Je vais me battre pour qu'il y ait une fin à la souffrance des jeunes harcelés"

Quand il rentre à Sciences-Po, le futur avocat est dans la même promotion, et quand Gabriel Attal s'engage en politique, il comprend "qu'il ne voulait pas (le) lâcher". "Ça lui a donné envie de s'en prendre à nouveau à moi (...) je savais qu'il avait toujours cette haine envers moi."

En 2019, Juan Branco dévoile, dans un livre, l'homosexualité de Gabriel Attal. "Je n'en avais jamais parlé publiquement, je n'avais pas non plus l'intention de le cacher mais je souhaitais en parler au moment où je le voulais, de la manière où je le voulais (...) Il y avait une forme d'incursion dans mon intimité."

Alors que le gouvernement a annoncé depuis l'été une série de mesures contre le harcèlement à l'école, dont la possibilité de changer d'établissements les élèves harceleurs, Gabriel Attal explique qu'il va "continuer à (se) battre pour qu'il y ait une fin à la souffrance des jeunes harcelés, pour qu'il y ait quelqu'un pour les écouter".

"Si j'ai à ce point à coeur de m'engager sur le harcèlement scolaire, c'est peut-être parce que le fait d'avoir vécu des injures, ça a forgé quelque chose", a-t-il ajouté.

Article original publié sur BFMTV.com