La découverte d’un ocelot albinos en Colombie fait craindre le pire pour la survie de l’espèce

PHOTO JOAQUIN SARMIENTO/AFP

Il y a un an, les habitants du petit village d’Amalfi, dans le nord-ouest de la Colombie, ont découvert un gros chat blanc aveugle, qu’ils ont ensuite montré aux autorités environnementales. Après avoir remis sur pied la bête, en très mauvais état, elles ont procédé à des tests génétiques qui ont révélé qu’il s’agissait d’un rarissime ocelot albinos, un spécimen sans doute unique au monde. Troisième plus grand félin du pays, sa robe est normalement ocre jaune ou fauve tachetée de noir.

Mais cette découverte inquiète la communauté scientifique, rapporte le journal El Espectador. Car, selon la biologiste Catalina Díaz, “c’est ce qu’on appelle une mutation délétère, c’est-à-dire une mutation […] nuisible à la survie de l’individu”, incapable de se cacher des proies et prédateurs. Sans compter le fait qu’il est aveugle.

Le quotidien colombien ajoute que “ces mutations récessives n’apparaissent que lorsque la diversité génétique d’une population a diminué. Elles sont très rares et commencent à apparaître lorsqu’il reste peu d’individus dans la population.” Ce qui les pousse “à devoir se reproduire entre parents proches”.

Des problèmes similaires chez les pumas et jaguars

La destruction de leur habitat est en grande partie due au braconnage et à la déforestation. Ce qui fait penser aux scientifiques que les pumas et les jaguars de la région pourraient aussi être confrontés a des problèmes similaires d’albinisme.

De plus, rajoute Ana Cristina Fernández, coordinatrice de la protection de la faune locale, les autorités reçoivent chaque jour plus de plaintes sur le fait que des félins s’aventurent dans les villages.

“Les gens disent qu’un puma a mangé un cheval, qu’un jaguar a mangé une vache, qu’un ocelot a mangé un poulet, mais cela nous montre que les animaux sont à court de ressources dans la forêt et qu’ils doivent recourir à une nourriture qui ne correspond pas à leur régime alimentaire naturel, et c’est là qu’ils mangent tout ce qu’ils trouvent.”

Alors pour éviter que le félin ne finisse par disparaître, Catalina Díaz invite les habitants de la région, mais aussi ceux de la ville, à repenser leurs besoins et leurs modes de consommation, qui provoquent la destruction de l’habitat des ocelots et d’autres espèces.

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