Covid-19 : la Tunisie débordée par une situation sanitaire "catastrophique"

·4 min de lecture
En Tunisie, le ministère de la Santé évoque "l'effondrement" du système de santé et une situation sanitaire "catastrophique".

Depuis trois semaines, le nombre de nouveaux cas de Covid-19 a explosé en Tunisie, à tel point que le ministère de la Santé parle "d'effondrement" du système sanitaire.

Une situation sanitaire "catastrophique". Ce sont les mots prononcés par la ministère de la Santé tunisienne pour décrire cette situation inédite dans le pays. Cela fait plus d'un mois que le nombre de nouveaux cas ne cesse d'augmenter et tout particulièrement depuis 3 semaines avec une situation devenue incontrôlable, provoquant "l'effondrement" du système de santé. 

La semaine dernière, le pays a enregistré jusqu'à près de 10 000 nouveau cas par jour et 194 morts en l'espace d'une journée. Il s'agit de chiffres élevés à l'échelle de ce pays de moins de 12 millions d'habitants qui avait pourtant très bien résisté à la première vague, avec seulement 55 décès enregistrés entre le mois de mars et le mois d'août 2020. 

Des patients traités à même le sol

Selon Nissaf Ben Alya, porte-parole du ministère de la Santé, il est très difficile de trouver un lit disponible dans les hôpitaux du pays qui doivent faire également face à un manque d'oxygène et de matériel médical. "Si nous n'unissons pas nos efforts, la catastrophe (sanitaire) va empirer", s'inquiète-t-elle. Depuis deux semaines, il y a de gros afflux de patients dans les hôpitaux, à tel point que ces derniers doivent être traités à même le sol en raison du manque de lits. En raison d'un manque de personnel pour emmener les cadavres à la morgue, des corps restent parfois jusqu'à 24 heures dans les chambres au milieu des malades. Citée par France 24, Imen Fteiti, une infirmière de l'hôpital Ibn El Jazzar de Kairouan, explique que l'afflux de patients est tel que "certains d'entre eux meurent sans qu'on ne s'en rende compte".

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.
Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

Les hôpitaux de campagne installés ces derniers mois ne suffisent plus. 92% des lits de réanimation dans le public sont actuellement occupés et ceux de la capitale sont pleins, selon le ministère de la Santé. 

3 infirmiers pour 35 malades

Des Médecins, infirmiers et ONG ont lancé un cri d'alarme et demandent de l'aide, en particulier dans la ville de Kairouan. La consommation quotidienne d'oxygène a atteint un niveau de 5 500 litres par jour, contre 400 à 500 avant le début de cette vague meurtrière, selon l'administration régionale de la santé à Kairouan. Dans toute la région, les établissements de santé ne comptent que 45 lits de réanimation et 250 appareils d'oxygène, selon les chiffres des autorités sanitaires. La région manque également de personnel. Dans l'établissement situé à Kairouan, il y a seulement 3 infirmiers pour 35 personnes atteintes du Covid.

Le gouvernement a lancé un appel à sa diaspora installée en France pour qu'elle aide le système de santé du pays en faisant des dons. "L'Ambassade de Tunisie en France exhorte les Tunisiens résidents en France [...] à contribuer activement au soutien des établissements de santé en Tunisie à travers des dons en nature - équipement et matériel médical et paramédical - ou sous forme pécuniaire", a-t-elle indiqué sur sa page Facebook.

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

Une vaccination trop peu suffisante

Le faible taux de vaccination n'arrange pas la situation. Sur plus de trois millions de personnes inscrites pour se faire vacciner, seulement environ 615 000 ont reçu les deux doses, soit 5% de la population nationale. Selon Slah Soui, médecin réanimateur du deuxième plus grand hôpital de Kairouan, cette situation catastrophique s'explique par "l'imprudence et le non-respect des règles de distanciation physique" mais aussi par "un niveau trop bas de vaccination".

À LIRE AUSS >>> Covid-19 : submergée par le variant Delta, l'Indonésie est au bord du gouffre

Pour limiter la propagation du virus, les autorités ont décidé de confiner la population dans les six gouvernorats où le taux de propagation du virus est le plus élevé, dont la capitale Tunis et sa banlieue. À Sousse, grande station balnéaire du pays, le confinement est total et l'accès à la plage est interdit. 

Ce contenu peut également vous intéresser :

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles