Covid-19 : faut-il s'inquiéter du nouveau variant "Henri-Mondor" de Créteil ?

Maxime Poul
·3 min de lecture
Identifié au sein d’un cluster constitué de trois professionnels hospitaliers et du conjoint de l’un d’entre eux, le "variant Henri-Mondor" circule activement en France.

Les services de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) ont annoncé avoir découvert un nouveau variant à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne). Déjà à l'origine de plusieurs clusters, les scientifiques craignent qu'il soit plus contagieux et plus résistant aux vaccins que la souche originelle du virus.

Après le variant breton et le variant "alsacien", la liste des nouveaux variants du Covid-19 découverts en France continue de s'allonger avec le "variant Henri-Mondor", a annoncé l'APHP dans un communiqué. Comme son nom l'indique, cette nouvelle souche du coronavirus a été découverte au CHU Henri-Mondor situé à Créteil, dans le Val-de-Marne. 

Ce variant a été identifié au sein d'un cluster composé de trois professionnels hospitaliers et du conjoint de l'un d'entre eux et circule déjà activement dans le pays. Découvert au début du mois de février, ce nouveau variant a été découvert chez 29 patients venant de plusieurs zones de l'Hexagone dont l'Île-de-France, le Sud-Est et le Sud-Ouest de la France. Le communiqué indique que "sa fréquence de détection a continué à augmenter depuis [sa détection] avec l'identification de plusieurs clusters et il est de plus en plus fréquemment retrouvé dans les prélèvements testés par la plateforme de l'hôpital Henri-Mondor". Au 2 mars 2021, il représentait déjà 1,8% des souches séquencées en France. 

VIDÉO : un nouveau variant, "Henri-Mondor", découvert à Créteil :

Pas moins de 18 mutations

D'après le communiqué de l'APH-HP, ce variant nommé "HMN.19B" est "caractérisé par la présence de 2 délétions et 18 mutations d'acides aminés, dont 7 à 8 sont localisées à des positions clés de la protéine 'spike', impliquée dans l'entrée du virus dans les cellules et cible des anticorps neutralisants induits par l'infection naturelle ou la vaccination". Les mutations N501Y et L452R, déjà observées sur d'autres variants viraux, semblent améliorer l'interaction de la protéine 'spike' avec son récepteur et diminuer l'action des anticorps neutralisants, précise également les scientifiques.

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C'est pourquoi ce variant inquiète les autorités par sa probable contagiosité élevée ainsi que son éventuelle résistance au vaccin. Le "variant Henri Mondor" est donc sous surveillance, même si aucune des personnes contaminées n'a pour l'instant développé de formes plus graves de la maladie que la moyenne. 

"C'est devenu un variant d'intérêt, avec une transmission communautaire, c'est-à-dire entre personnes n'appartenant à aucun cluster", explique à LCI le Pr Jean-Michel Pawlotsky, chef du service de virologie de l’hôpital Henri Mondor, qui s'inquiète du nombre élevé de mutations. "Il y a un aspect qualitatif à prendre en compte : certaines mutations peuvent être plus inquiétantes que d'autres. Mais l'aspect quantitatif est aussi très important : plus un virus est porteur de mutations, plus ces mutations peuvent échapper aux anticorps neutralisants."

VIDÉO : comment naît un variant ?

Pas encore un variant "préoccupant"

Pour l'heure, le variant n'a pas été classé dans la catégorie des "variants préoccupants" comme peuvent l'être les variants britannique, sud-africain et brésilien. Des études plus poussées seront réalisées dans les jours à venir pour définir si le HMN.19B est "plus, autant ou moins contagieux que les autres variants connus, s'il est aussi bien détecté par les différents tests virologiques, s'il est associé à des formes cliniques de sévérité différente et/ou si sa sensibilité à l'action des traitements antiviraux et à la protection vaccinale est altérée par la présence de ses nombreuses mutations", précise le communiqué.

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