Coupe de France: pourquoi le FC Rouen, adversaire de Monaco, est un club très à part

Bien que dans l'ombre - sportivement - de son voisin QRM (Ligue 2), le FC Rouen 1899 peut se targuer de compter sur une ferveur populaire hors du commun pour un club évoluant en National.  A chaque séance d'entraînement, ils sont 10, 20, parfois 50 et même beaucoup plus à prendre place derrière la main courante des terrains du complexe Pierre Lefrançois.

"Et pourtant les conditions d'entraînement ne sont pas dignes d'un club de National", souligne Gaëtan Stil, qui gère le FC Rouen News, le premier réseau non officiel du club qui compte plus de 16.000 followers. "Nous avons deux terrains synthétiques assez anciens et un terrain en herbe qui n'est pas praticable, et qui ne nous appartient même pas puisqu'il est mis à disposition par une entreprise privée." Mais la particularité des installations du club ne s'arrête pas là: "On doit se partager le stade Robert-Diochon avec deux autres clubs, QRM qui joue en Ligue 2 et le club de rugby qui évolue en Pro D2."

Entre les supporters et Charles Maarek, c'est "je t'aime, moi non plus"

Très présents dans la vie du club, les supporteurs sont même - pour certains d'entre eux - actionnaires. Réunis au sein de la Fédération des Culs Rouges, ces amoureux du FC Rouen ont ainsi leur mot à dire lors des prises de décisions stratégiques pour le club. "Ce n'est pas toujours facile car parfois on n'est pas d'accord avec les décisions des dirigeants. Mais il s'agit surtout de donner notre avis, car avec nos parts (de l'ordre de 5% ndlr), on ne pèse pas bien lourd dans l'actionnariat", explique Benoit Dubuisson, supporteur historique du club et membre des socios.

Des supporteurs qui, ces derniers temps, n'ont pas manqué d'égratigner leurs dirigeants, et notamment Charles Maarek, le controversé président du FC Rouen, amoureux du club depuis son enfance, et entrepreneur dans l'immobilier. Depuis qu'il a pris les commandes du club avec Maximilien De Wailly (décédé en mars 2022) en 2021, l'homme d'affaires a connu des réussites sportives, avec notamment l'accession en National l'été dernier. Pas suffisant toutefois pour gagner pleinement la confiance des supporters, au point que ceux-ci continuent à demander son départ.

La goutte d'eau qui a fait déborder le vase? Ces cinq points de pénalité infligés par la DNCG (Direction nationale de contrôle de gestion) pour des problèmes financiers pourtant démentis par le président. Au tour précédent - face au Toulouse FC - plusieurs groupes de supporteurs avaient appelé au boycott pour protester contre le prix des places décidé par Charles Maarek (jusqu'à 75€ la place), qui s'était excusé quelques jours plus tard.

Alors même que les rumeurs sur la vente du club se font persistantes - et que Charles Maarek vient de repousser une première offre (présentée l'ancien arbitre Jean-Marc Gonon) - le staff et les joueurs assurent rester focalisés sur le sportif. "On a l'habitude de ces situations ici, ce club là a toujours connu des petits problèmes extra sportifs. C'est embêtant d'entendre ça à répétition. Mais on sait aussi que tout pendant qu'on reste focus sur le terrain et qu'on fait le boulot, le public nous suivra" assure le défenseur Valentin Sanson.

Preuve en est: ce huitième de finale de Coupe de France face à l'AS Monaco se jouera à guichets fermés ce jeudi soir au stade Robert-Diochon. Et au moment d'accueillir le cinquième de Ligue 1, les supporters rouennais espèrent bien que le feuilleton du FCR en coupe de France connaîtra d'autres épisodes. Car de ceux là, ils n'en sont nullement rassasiés.

Article original publié sur RMC Sport