Coronavirus : qu'est-ce que le syndrome de Kawasaki qui inquiète les médecins ?

Coronavirus : qu'est-ce que le syndrome de Kawasaki (Getty Images/EyeEm)

Depuis trois semaines, une augmentation croissante d’admission d’enfants en soins intensifs présentant des symptômes similaires à la maladie de Kawasaki inquiète les médecins britanniques. Mais quel est ce syndrome ? A-t-il un lien avec le Covid-19 ?

Les jeunes sont-ils épargnés par le Covid-19 ? C’est une des questions, parmi tant d’autres, que se posent les chercheurs aux quatre coins du monde. Si peu de cas graves ont été détectés chez les enfants et les adolescents, les médecins du National Health Service tirent la sonnette d’alarme suite à l’admission dans les services de soins intensifs d’un nombre croissant d’enfants présentant “les caractéristiques du syndrome de choc toxique et de la maladie de Kawasaki atypique avec des paramètres sanguins”, détaille CNN dans son édition du lundi 27 avril. Certains de ces enfants auraient, par ailleurs, été postés positifs au Covid-19.

Cette maladie infantile rare, également connue sous le nom de syndrome de Kawasaki, provoque une inflammation des parois des vaisseaux sanguins du corps ainsi que de la langue. Elle est la principale cause de maladie cardiaque chez les enfants d’Asie (une majorité des cas observés), d’Europe et d’Amérique du Nord. Elle touche essentiellement des très jeunes enfants ayant moins de cinq ans. C’est au Japon que la maladie de Kawasaki a été décrite pour la première fois en 1967 par le pédiatre Tomisaku Kawasaki.

Un syndrome agressif

Dans ce cas précis, les enfants de tout âge ont développé des similaires observés chez les personnes touchées par le coronavirus. Ils présentaient, en effet, une fièvre élevée, d’importantes éruptions cutanées sur les mains, des difficultés respiratoires, une pression artérielle. Certains d’entre eux souffraient également de maux de ventre, de vomissement ou encore de diarrhée. Un syndrome agressif qui a nécessité leur admission en urgence en soins intensifs. Au moins l’un d’entre eux a reçu un traitement d’oxygénation membranaire corporelle supplémentaire (ECMO), qui offre une assistance à la fois cardiaque et respiratoire indique dans ses colonnes le Guardian.

Le secrétaire à la santé, Matt Hancock s’est montré inquiet, lors d’une conférence de presse, suite à ces révélations. “Ce n’est pas quelque chose qui devrait faire paniquer les gens” a, quant à elle, indiqué le Dr Liz Whittaker, consultante à l’hôpital St Mary de Londres et membres du comité des allergies, immunologie et maladies infectieuses du Royal College of Paediatrics and Child Health. Elle espère toutefois que cette alerte sera prise en compte par les médecins généralistes.”Notre inquiétude est que les pédiatres qui voient des enfants qui ont de la fièvre et des douleurs abdominales fassent des analyses de sang pour rechercher des problèmes tels que l'appendicite, mais qu’ils ne fassent pas d’analyse de sang pour des problèmes inflammatoires”.

Si aucun lien formel n’a pour l’heure était établi entre ce syndrome et le Covid-19, la vigilance est de mise.